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Pourquoi la reconnaissance US de la souveraineté du Maroc sur le Sahara a plongé l’Allemagne dans un profond désarroi ?

Abdellah El Ouazzani


Grâce à une campagne diplomatique intense et fructueuse initiée par Sa Majesté Mohammed VI, de nombreux pays de l’Afrique subsaharienne ont récemment reconnu le Sahara marocain et y ont même ouvert des consulats. Dans cette mouvance, la reconnaissance américaine figure en événement majeur tant il est vrai qu’elle émane de la première puissance mondiale, chef de file des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Cette adhésion américaine à la logique de la reconnaissance du Sahara marocain a plongé l’Allemagne dans un profond désarroi. Son déchaînement diplomatique dans les coulisses de l’Union européenne et du Conseil de sécurité contre le Maroc et son engagement dans une alliance politique, économique et militaire avec les USA et Israël, a fini par trahir la sérénité feinte de la diplomatie de Berlin. Cette posture que rien ne justifie est symptomatique de la survivance résiduelle d’un passé traumatisant d’une nation captive de son passé politique qui voit dans toute présence juive dans une région, un commerce sous la menace d’une mainmise sur les affaires et les opportunités de ramasser la mise.

Maintenant que l’Afrique s’impose comme l’avenir de l’humanité où se bousculent Américains, asiatiques et Européens, voilà qu’Israël vient poser ses pieds au Sahara marocain qui est, soit dit en passant, la contrée la plus stratégique pour conquérir l’Afrique.
Ainsi, la réputation “d’affairistes” et de “chasseurs de trésors” conçue par les antisémites de l’Allemagne profonde déguisés en promoteurs des droits de l’homme, est attribuée vicieusement aux Juifs d’Israël et du Maroc qui partagent le pouvoir avec Netanyahu. Ce préjugé allemand porte en lui les germes de radicalisation susceptibles d’inciter à la suspicion du Marocain tout court, voire à soutenir une dictature voisine et rivale qui affame son peuple pour armer et engraisser une bande de mercenaires.

L’Allemagne fait ainsi le jeu des généraux génocidaires de la décennie noire en Algérie. Elle contribue à perpétuer les souffrances des citoyens marocains apeurés et séquestrés à Tindouf pendant que la bande du Polisario se pavane dans les hôtels luxueux du monde entier. Pour le plus indulgent des analystes l’Allemagne est comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. Elle fait du mal sans le savoir au Maroc. Pourtant ce pays a adopté la Constitution de 2011, promulguée par Mohammed VI dans la tourmente et le chaos du Printemps Arabe. C’est un chef- d’œuvre fédérateur des identités multiples du Maroc qui se fondent en une identité nationale suprême -la Marocanité- puissant facteur de cohésion par où l’arabe, le berbère, le juif, le chrétien se reconnaissent dans le même être collectif. Il en résulte un vécu d’équilibre et de modération, conciliateur et unificateur que bien peu de peuples auront réussi à générer.

A l’aune de cette logique Nietzschéenne, l’Algérie, que promeut, consciemment ou inconsciemment, l’Allemagne, se situe dans le pôle diamétralement opposé. Elle encourage une société algérienne intolérante et antisémite, fracturée, exsangue par de longues années de répression militaire particulièrement sanguinaire, une république toujours allergique à la gouvernance civile au profit de la militaire.
Dans ses réflexes face à pareils choix, la diplomatie allemande ne peut se hisser aux enjeux actuels qui devraient l’inciter à encourager le camp de la réconciliation et de la paix.

Au lieu de la ligne actuelle qui la met dans le camp des aventuristes du pouvoir d’Alger. Et elle finit par paraître aux fins observateurs souffrir des mêmes déficiences que l’Algérie. Souhaitons que l’Allemagne des lumières empêchera son actuelle diplomatie de retourner sa sourde frustration contre la monarchie marocaine, socle de stabilité multi séculaire.

Pour conclure formons le vœu avec Yehuda Lancry, d’origine marocaine et ancien ambassadeur d’Israël en France et à l’ONU qui, à la conclusion d’un article fort inspiré et récemment publié, dit ceci :
“Le possible d’une thérapie algérienne, la guérison généralisée de l’Algérie de ses maux issus du long tunnel du colonialisme, de la guerre civile, d’un mode de gouvernance frelaté, des fissures identitaires, réside dans sa réconciliation nécessaire avec le Maroc et dans l’adoption de son modèle de coexistence comme feuille de route. Ainsi pourra-t-elle émerger vers la paix, celle du proche, à l’intérieur de son territoire national, et celle du lointain, dans sa région et son voisinage immédiat.” Que l’Allemagne s’en inspire et prodigue les mêmes conseils à notre agité voisin.


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