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Zone de Libre-échange continentale africaine


L’expert en économie internationale, le professeur Idriss El Abbassi, explique en cinq points les défis à relever par l’Afrique avec le lancement de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), mise sur les rails mercredi 21 mars à Kigali par la signature de l’accord instituant cette Zone.

Une zone de libre échange est l’un des degrés d’intégration économique et commerciale parmi d’autres formes d’intégration (Union douanière, marché commun, union monétaire, union économique, association de coopération économique). L’objectif de la ZLECA serait la suppression des barrières aux échanges entre les nations afin d’unifier progressivement leurs marchés et d’en tirer des avantages mutuels à travers de la dynamisation et la stimulation des échanges intra-zone.

Une ZLE se caractérise par une diminution ou une suppression des barrières douanières à l’intérieur de la région. Ce type d’accord laisse libre chaque membre de sa politique commerciale envers les pays extérieurs à la zone : le libre-échange reste intra-régional, ce qui préserve l’autonomie des Etats dans leurs politiques commerciales nationales.

Les défis à relever

La mise en œuvre de la ZLECA est la question majeure à laquelle il faut s’atteler au plus vite. La règle de base est d’apprendre à travailler sur un horizon moyen/long terme.

Des concessions sont absolument nécessaires en début de mise en œuvre de la Zone. Les résultats ne vont pas être palpables sur du court terme. Il faudrait donc apprendre des erreurs des autres grands ensembles économiques régionaux qui n’ont pas bien profité à l’ensemble des participants.

Aussi, un calendrier doit être présenté au plus vite avec des mécanismes précis de règlement des différends pour éviter l’enlisement éventuel et donc des blocages. La question de la convergence réglementaire, commerciale, sociale est une priorité.

La réduction des inégalités intra-Afrique doit être l’un des objectifs clés. La question de l’inclusion est également très importante.

Les défis sont à relever également au niveau de l’infrastructure, du financement, du marché des capitaux. Les échanges ne peuvent s’intensifier sans une logistique appropriée.

Les questions de taux de change et des risques sont à travailler en développant les instruments de couverture contre le risque de change.

Il ne faut pas négliger non plus les risques associés aux troubles sociaux, politiques qui peuvent être des entraves majeures au développement et à la réussite de cette initiative. La stabilité est une nécessité.

L’impact sur le secteur privé

Le secteur privé marocain est déjà présent en Afrique mais essentiellement à travers de grands groupes. Les PME doivent pouvoir être plus dynamiques sur ce vaste marché. L’offre exportable doit être plus diversifiée. Une « chaine de valeur africaine » doit être travaillée pour que les avantages comparatifs puissent jouer pleinement et permettre de faire face à la concurrence internationale qui devrait s’intensifier avec la création de cette zone.

Des pays avantagés plus que d’autres

La mise en place d’une ZLE implique nécessairement des ajustements et des changements au niveau des structures économiques des pays faisant partie de la zone. Des secteurs protégés à la concurrence étrangère seront fragilisés. D’autres seront renforcés par des économies d’échelle et un marché offrant des débouchés meilleurs. Des positionnements en termes de chaîne de valeur sont à prévoir. La logique secteur/branche devrait prévaloir davantage que la logique pays c’est-à-dire une logique d’internationalisation de la production.

Frein ou catalyseur

L’appartenance de plusieurs pays à des blocs commerciaux régionaux différents est-elle un frein ou un catalyseur à la ZLECA ?

Oui si les effets de détournement l’emportent sur les effets création de commerce. Non dans le cas contraire.

La création d’une zone de libre-échange entraîne un risque de contournement par les importateurs des tarifs douaniers. Dans ce cas la question de la règle d’origine est à mettre en exergue dans les négociations.

Ceci étant, l’Afrique devrait profiter de cette initiative et prendre en charge son développement en s’appuyant sur ses propres ressorts.


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