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Zelensky rejette tout compromis territorial avant le sommet Trump-Poutine

LA VÉRITÉ


À quelques jours du sommet annoncé entre Vladimir Poutine et Donald Trump, prévu le 15 août en Alaska, l’Ukraine exprime ouvertement ses craintes d’un accord négocié à ses dépens. Le président Volodymyr Zelensky a fermement rejeté l’idée de céder la moindre portion du territoire ukrainien à la Russie, affirmant que toute décision prise sans Kiev serait « une décision contre la paix ».

Ce tête-à-tête, organisé dans un État américain proche géographiquement de la Russie, se tiendra sans la participation de l’Ukraine ni d’alliés européens, bien que ces derniers aient réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale du pays. Emmanuel Macron a insisté sur le fait que « l’avenir de l’Ukraine ne peut se décider sans les Ukrainiens », tandis que Pedro Sanchez a appelé à « rester unis ». Londres, via son Premier ministre Keir Starmer et son ministre des Affaires étrangères David Lammy, a convoqué une réunion cruciale des conseillers à la sécurité nationale européens et américain pour coordonner les positions.

Les déclarations de Donald Trump alimentent l’inquiétude de Kiev. Le président américain a évoqué un futur règlement « comprenant des échanges de territoires au bénéfice de chacun » sans fournir de détails, rappelant sa volonté affichée de « mettre fin au conflit » rapidement. Moscou, de son côté, maintient des exigences maximalistes : annexion officielle des quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia, Kherson), reconnaissance de la Crimée comme russe, arrêt des livraisons d’armes occidentales et renoncement définitif à toute adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

Pour Kiev, ces conditions sont inacceptables. Zelensky exige le retrait complet des forces russes, la poursuite des livraisons d’armes occidentales et des garanties de sécurité, notamment via un déploiement militaire européen. Ces positions opposées laissent peu d’espoir à une solution rapide.

Sur le terrain, la guerre reste intense. L’armée russe, mieux équipée et plus nombreuse, continue de progresser dans l’est. Samedi, Moscou a revendiqué la prise de la localité d’Iablonivka, dans le Donbass, et menace désormais plusieurs bastions ukrainiens stratégiques comme Koupiansk, Kostiantynivka et Pokrovsk. Les bombardements ont tué au moins six civils en 24 heures dans les régions de Donetsk et Kherson, et poussé Kiev à ordonner de nouvelles évacuations forcées de familles avec enfants dans une vingtaine de localités.

Plus de trois ans après le début de l’invasion russe, les positions restent irréconciliables : Moscou veut entériner ses conquêtes territoriales, Kiev refuse tout compromis sur son intégrité. Le sommet de l’Alaska, bien que présenté comme une tentative de paix, risque donc de cristalliser davantage les tensions, surtout si les décisions sont prises sans la participation directe de l’Ukraine et de ses alliés européens.


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