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Washington et Moscou élaborent un projet de paix en 28 points

Un plan bilatéral émergerait alors que Kiev fait face à une fragilité politique accrue

LA VÉRITÉ


Selon plusieurs médias américains, notamment Axios et Politico, les États-Unis et la Russie finalisent un projet de paix en 28 points destiné à mettre un terme à la guerre en Ukraine. Cette initiative, discutée de manière bilatérale et en grande partie confidentielle, pourrait être dévoilée avant la fin du mois, dans un contexte marqué par l’affaiblissement politique du président Volodymyr Zelensky, confronté à une série de scandales de corruption au sein de son gouvernement.

D’après ces informations, les 28 points se regroupent en quatre catégories principales : la paix en Ukraine, les garanties de sécurité, la sécurité européenne et l’avenir des relations entre Washington, Moscou et Kiev. Ce cadre s’appuierait sur les principes évoqués lors de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska en août dernier. Les négociations seraient menées par Steve Witkoff, envoyé spécial américain, et Kirill Dmitriev, responsable du fonds souverain russe.

Un cadre imposé sans participation pleine de l’Ukraine

Toujours selon Politico, l’Ukraine et les alliés européens des États-Unis seraient informés des grandes lignes, mais sans participation directe au processus. Les questions les plus sensibles — notamment la situation des territoires annexés par la Russie, la sécurité à long terme de l’Ukraine ou le sort des populations déplacées — resteraient encore floues. Certains observateurs craignent qu’un accord négocié sans Kiev conduise à des concessions majeures, comme la renonciation à certaines régions de l’Est ou la réduction drastique des capacités militaires ukrainiennes.

Les discussions se sont intensifiées ces dernières semaines : les délégations américaine et russe se sont rencontrées à Miami fin octobre, et Witkoff a échangé à plusieurs reprises avec le conseiller de sécurité ukrainien Rustem Umerov. Parallèlement, des responsables militaires américains de haut rang se sont rendus à Kiev pour consulter les autorités ukrainiennes, tandis que Zelensky a entamé une série de rencontres à Istanbul.

Une dynamique incertaine entre Washington et Moscou

Kirill Dmitriev a déclaré à Axios que Moscou estime « enfin être réellement entendue » dans ces discussions. Toutefois, le Kremlin a officiellement démenti toute avancée définitive. À Washington, la Maison-Blanche n’a pas commenté publiquement, même si un message accidentellement publié sur X par Witkoff laisse entendre que les informations divulguées sont proches de la réalité.

Au fil de son mandat, Donald Trump a ajusté à plusieurs reprises sa position sur le conflit ukrainien. Tout en critiquant initialement Zelensky, il a récemment adopté un ton plus mesuré et a même approuvé des sanctions économiques contre des acteurs énergétiques russes. Cependant, sa ligne reste changeante, ce qui a conduit certains responsables américains à s’impatienter, comme le général Keith Kellogg, qui quittera son poste en janvier.

Un accord fragile aux implications régionales majeures

Si ce projet de paix venait à être officialisé, il redéfinirait profondément l’équilibre stratégique en Europe et la place de l’Ukraine. Mais un accord négocié principalement entre Washington et Moscou risque de manquer de légitimité s’il n’intègre pas pleinement Kiev et ses alliés. En l’état, cette initiative demeure incertaine et suscite autant d’espoirs que de préoccupations quant à la stabilité régionale et aux principes de souveraineté.


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