Washington et la résolution 2797 au cœur du processus politique
Les États-Unis jouent un rôle central dans la recherche d’une solution au conflit du Sahara. À travers la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, Washington affirme sa volonté de transformer un conflit vieux de 50 ans en un processus politique concret et pragmatique. L’approche américaine vise à renforcer le cadre onusien, encourager le dialogue entre les parties et promouvoir la proposition d’autonomie marocaine comme base d’une solution durable, tout en consolidant la stabilité régionale en Afrique du Nord.
Par Yassine Andaloussi
Dans un entretien avec DW Arabic, Mossaad Boulos a expliqué comment l’administration américaine sous la présidence de Donald Trump envisage le conflit du Sahara. Selon lui, Washington adopte une approche de réalisme politique, visant à rapprocher le conflit d’une solution concrète, en s’appuyant sur la résolution 2797 de l’ONU, adoptée le 31 octobre 2025. Il a décrit le conflit comme un problème majeur, vieux de 50 ans et extrêmement complexe, soulignant sa dimension historique et politique. Il reste toutefois optimiste quant à la capacité de l’administration Trump à engager un processus pragmatique et orienté vers des résultats, plutôt que de se limiter à gérer une crise sans fin.
Cette approche traduit la volonté américaine de mettre fin aux conflits prolongés, perçus comme des dossiers diplomatiques épuisants mais peu productifs. Elle correspond au style de Trump, fondé sur la recherche de solutions concrètes et d’accords politiques plutôt que sur des positions symboliques.
Boulos a également révélé que les États-Unis jouent un rôle central dans la rédaction des résolutions relatives au Sahara au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris celles concernant la mission de la MINURSO. Cette responsabilité leur permet de définir le langage diplomatique et d’orienter le cadre politique général d’une solution, en posant les principes fondamentaux du processus politique.
Dans ce contexte, Boulos a salué le travail de la mission américaine dirigée par l’ambassadeur Mike Waltz et les efforts de l’équipe présidentielle et du secrétaire d’État Marco Rubio, qui ont conduit à l’adoption de la résolution 2797. Il a qualifié cette résolution d’historique et a souligné qu’elle avait été accueillie favorablement par toutes les parties concernées, à savoir le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, explicitement mentionnés dans le texte. Cette désignation officielle n’est pas une simple formalité, elle consacre le format de la table ronde comme cadre exclusif du processus politique, ce qui correspond à la position du Maroc qui considère l’Algérie comme un acteur clé du conflit.
L’accueil unanime réservé à la résolution montre le succès de Washington dans l’élaboration d’un texte équilibré, difficile à contester sans subir de conséquences diplomatiques. Bien que Boulos n’ait pas donné de détails sur le document marocain discuté à Madrid, il a précisé que la solution relève surtout des parties concernées, en particulier le Maroc et le peuple sahraoui, ce qui révèle l’existence de discussions techniques confidentielles. Cette discrétion traduit la volonté américaine de ne pas perturber les consultations avant qu’elles n’atteignent une maturité politique.
Sur le fond, les déclarations du diplomate confirment que la solution pratique s’inscrit dans les paramètres de la résolution 2797, elle-même fondée sur des résolutions antérieures appelant à une solution politique réaliste, pragmatique et durable, alignée sur la proposition d’autonomie avancée par le Maroc. Boulos a reconnu que la complexité du conflit pourrait prolonger le processus, mais a souligné l’objectif de maintenir le dialogue sur la bonne voie et de réduire sa durée au maximum.
Cette approche marque un changement dans le discours américain. Il ne s’agit plus seulement de gérer le conflit mais de tenter de le résoudre par la diplomatie active, le renforcement des cadres onusiens et l’incitation des parties à négocier concrètement. Le lien qu’il établit avec d’autres développements en Afrique, comme le Soudan, montre que Washington perçoit la stabilité régionale comme un système interconnecté et qu’un règlement dans le Sahara pourrait libérer des efforts pour la sécurité et la géopolitique au Sahel et en Afrique.
En définitive, les propos de Mossaad Boulos reflètent la volonté américaine d’assumer un rôle moteur au sein du Conseil de sécurité, de consolider la résolution 2797 comme cadre central du processus politique et de promouvoir une solution réaliste fondée sur l’autonomie proposée par le Maroc, impliquant les quatre parties désignées par l’ONU. L’administration Trump semble déterminée à transformer un conflit vieux d’un demi-siècle, passant d’une gestion temporaire à un règlement effectif, fondé sur la mise en œuvre et les résultats concrets plutôt que sur des postures symboliques.
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