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Von der Leyen propose la suspension partielle de l’accord commercial UE-Israël

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Par Fayçal El Amrani


Le 10 septembre 2025, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé devant le Parlement européen à Strasbourg son intention de proposer la suspension partielle de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, dans ses volets commerciaux. Cette mesure, motivée par la situation humanitaire à Gaza, marque une rupture avec la ligne prudente qu’avait jusque-là défendue l’exécutif européen.

Von der Leyen a précisé que l’objectif est de suspendre les flux commerciaux avec Israël sans interrompre la coopération avec la société civile du pays. Elle a également évoqué de nouvelles sanctions ciblées, visant notamment certains ministres israéliens jugés « extrémistes » ainsi que des colons impliqués dans des violences en Cisjordanie.

Un signal politique à forte portée symbolique

Cette annonce répond à une pression croissante de plusieurs États membres, dont l’Espagne, et des groupes progressistes de la Eurocámara. En 2024, le commerce UE–Israël représentait plus de 42,6 milliards d’euros, faisant de l’Union l’un des principaux partenaires économiques de l’État hébreu.

Si la suspension proposée reste partielle, elle a une valeur politique importante : pour la première fois, la Commission envisage de toucher directement aux relations économiques avec Israël. Le gouvernement espagnol a salué l’initiative, tout en indiquant qu’il aurait souhaité une suspension totale.

Gaza au centre du débat parlementaire

La décision de Von der Leyen intervient alors que le conflit à Gaza a déjà fait plus de 64.000 victimes et provoqué un déplacement massif de la population. La présidente de la Commission a déclaré : « Ce qui se passe à Gaza choque la conscience du monde. Des personnes tuées alors qu’elles cherchaient de la nourriture, des mères portant leurs enfants sans vie… Cela doit cesser. »

Bien qu’elle n’ait pas utilisé le terme de « génocide », comme l’avait fait récemment sa vice-présidente Teresa Ribera, le geste politique traduit un infléchissement de sa position.

Un discours centré sur la sécurité européenne

Cette prise de position s’est produite dans le cadre du discours annuel sur l’état de l’Union. Von der Leyen a longuement évoqué la guerre en Ukraine, appelant à renforcer les capacités de défense européennes et réaffirmant son soutien à la Pologne après l’incursion de drones russes dans son espace aérien.

Le reste de son intervention a porté sur la transition énergétique et numérique, la lutte contre la dépendance au gaz russe et la nécessité de renforcer le marché unique.

Un équilibre difficile au sein de l’Union

Von der Leyen a reconnu que sa proposition divisera les États membres : « Toute mesure sera jugée excessive par certains et insuffisante par d’autres. » Mais elle a insisté sur la nécessité de montrer que l’Europe n’est pas immobile face aux violations du droit international.

L’annonce constitue un geste politique fort, qui place désormais les Vingt-Sept devant un choix décisif : maintenir le statu quo ou s’engager dans une redéfinition plus contraignante de leurs relations avec Israël.


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