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Volkswagen & Bosch : La conduite autonome débarque dès 2026

Un pari ambitieux pour l’automobile : Bosch et Volkswagen accélèrent l'autonomie de niveaux 2 & 3 d'ici 2026.

Par Mohammed Taoufiq Bennani


Dans une annonce qui pourrait redéfinir le paysage de la mobilité, le 11 août 2025, les géants allemands Volkswagen et Bosch ont officialisé leur objectif de finaliser une technologie de conduite autonome révolutionnaire dès 2026. Ce partenariat étendu, salué comme un pas de géant dans l’industrie automobile, vise à rendre la conduite autonome non plus un luxe réservé à une élite, mais une réalité accessible au plus grand nombre.

Démocratiser la conduite autonome, une ambition partagée

La collaboration entre Volkswagen et Bosch est motivée par une vision commune, offrir plus de sécurité et moins de stress aux conducteurs, tout en accélérant le déploiement des fonctions de conduite automatisée dans toutes les classes de véhicules. Les deux entreprises veulent ainsi rendre la conduite partiellement et fortement automatisée adaptée à la production de masse. Comme l’a souligné Markus Heyn, membre du conseil de direction de Bosch, leur objectif est clair : « En collaboration avec Cariad, nous allons pouvoir accélérer la mise sur le marché de fonctions de conduite partiellement et hautement automatisée dans toutes les classes de véhicules et les rendre ainsi accessibles au plus grand nombre. Cela rendra la conduite sur les routes plus sûre et plus détendue ». Ce système permettra aux véhicules vendus sous les marques du Groupe Volkswagen de proposer des fonctions où le conducteur pourra temporairement retirer les mains du volant.

Les niveaux d’autonomie visés et leur déploiement

Le partenariat se concentre sur le développement de fonctions de conduite automatisée jusqu’au niveau 3 de la Society of Automotive Engineers (SAE). Cette dernière établi une classification des niveaux d’automatisation pour les véhicules autonomes, allant de 0 (aucune automatisation) à 5 (autonomie totale). En premier lieu, ils visent à offrir des fonctions dites de Niveau 2 mains libres, adaptées aux environnements urbains, péri-urbains et autoroutiers. Plus ambitieusement, un système de Niveau 3 est également prévu, permettant au véhicule de reprendre toutes les fonctions de conduite sur l’autoroute, offrant ainsi au conducteur la possibilité de ne plus surveiller la route dans certaines situations spécifiques. La « pile logicielle » basée sur l’intelligence artificielle, qui constitue le cœur de cette technologie, devrait être prête pour une utilisation en production dès la mi-2026. Par ailleurs, Volkswagen a annoncé son intention de rendre la conduite autonome « largement disponible » d’ici 2030, avec le projet Trinity EV qui proposera une automatisation de niveau 2+ au lancement, avec une capacité de niveau 4 à terme.

Une collaboration d’ingénierie sans précédent

Pour atteindre ces objectifs, Volkswagen, par l’intermédiaire de sa filiale logicielle Cariad, et Bosch ont mis en place une collaboration d’ingénierie de grande envergure. Plus de 1 000 experts issus des deux entreprises travaillent conjointement sur différents sites, notamment à Stuttgart et Ingolstadt. Ils sont organisés en équipes mixtes et agiles, opérant au sein d’un réseau mondial. Ensemble, ils développent une plateforme logicielle standardisée de pointe. Le Dr. Ingo Stürmer, directeur de projet de l’alliance à Cariad, a même déclaré : « Notre travail d’ingénierie se fera conjointement, Bosch et Cariad formeront une seule équipe. Il n’y a jamais eu une alliance comparable dans l’industrie automobile ».

Le rôle crucial des données et de l’IA

Les travaux du projet sont principalement axés sur le développement de logiciels basés sur la donnée. Autrement dit, ils s’appuient sur les informations provenant de l’ensemble des capteurs qui analysent l’environnement à 360 degrés. Pour ce faire, les partenaires créent un environnement de développement hautement innovant pour l’enregistrement, l’évaluation et le traitement des données, utilisant également des méthodes d’intelligence artificielle (IA). L’idée est simple, plus l’on dispose d’informations variées provenant du trafic routier réel, plus les fonctions de conduite partiellement et fortement automatisée peuvent être robustes et intuitives. Mathias Pillin, président de Bosch Cross-Domain Computing Solutions, a souligné ce point en affirmant : « Grace à la plus grande flotte de véhicules connectés au monde, nous aurons accès à une énorme base de données. Cela nous permettra d’amener les systèmes de conduite automatisée à un autre niveau ». En effet, chaque kilomètre parcouru et chaque donnée recueillie enrichissent cette base, rendant possibles des niveaux supérieurs de conduite automatisée en toute sécurité.

L’intégration dans la flotte Volkswagen et au-delà

La plateforme logicielle standardisée développée par l’alliance est destinée à être utilisée dans toutes les classes de véhicules particuliers vendus sous les marques du Groupe Volkswagen. Cela représente l’une des plus grandes flottes de véhicules au monde. Dès lors, la technologie ne sera pas limitée aux modèles haut de gamme, mais s’étendra « du segment grand public au segment premium ». Par ailleurs, cette alliance ne se contente pas des véhicules du groupe Volkswagen. Il sera également possible d’intégrer tous les composants développés par le partenariat dans les véhicules et les écosystèmes d’autres constructeurs automobiles. Par exemple, le futur modèle ID.1, une petite citadine de Volkswagen prévue autour de 20 000 euros pour 2027, pourrait être l’un des premiers à en bénéficier.

Défis et perspectives d’avenir

Bien que les avancées soient significatives, la route vers l’autonomie totale est jalonnée de défis. La sécurité demeure une préoccupation majeure, avec des questions sur les dysfonctionnements potentiels et les incidents passés. Les situations complexes, comme les routes mal signalées ou les conditions climatiques difficiles, restent problématiques pour les systèmes autonomes. En outre, des dilemmes éthiques persistent, notamment sur la manière dont une voiture devrait réagir en cas d’accident inévitable. La gestion des données personnelles collectées par ces véhicules soulève également des inquiétudes en matière de confidentialité. Enfin, les impacts économiques et sociaux, tels que le remplacement de certains métiers de chauffeurs et le coût élevé des véhicules autonomes, nécessiteront des ajustements sociétaux. Néanmoins, l’objectif commun d’explorer et d’évaluer le développement vers la conduite entièrement automatisée (SAE niveau 4) est clairement affiché. Dirk Hilgenberg, PDG de Cariad, l’affirme : « La conduite automatisée est essentielle à l’avenir de notre industrie ».

En somme, le partenariat entre Volkswagen et Bosch marque une étape décisive dans l’évolution de la conduite autonome. En unissant leur expertise dans la production de masse, les logiciels et l’IA, ils posent les bases d’une mobilité plus sûre, plus fluide et plus accessible pour des millions de conducteurs. Cette alliance ambitieuse démontre une volonté forte de propulser l’Allemagne et l’Europe en tête de la course à l’autonomie. Mais cette démocratisation annoncée transformera-t-elle durablement notre rapport à la route et au voyage, ou des obstacles inattendus ralentiront-ils cette révolution prometteuse ?


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