Violences des colons en Cisjordanie : l’ONU alerte sur un niveau inédit depuis vingt ans
Les attaques se multiplient lors de la récolte des olives, aggravant les tensions dans les territoires occupés
LA VÉRITÉ
La Cisjordanie occupée connaît une nouvelle flambée de violences. Cette semaine, des groupes de colons israéliens ont mené plusieurs attaques coordonnées contredes localités palestiniennes, ciblant un entrepôt, une communauté bédouine et des terres agricoles au nord du territoire. Ces agressions surviennent alors que les Palestiniens entament la récolte des olives, période traditionnellement marquée par une hausse des tensions autour des terres.
Selon les autorités palestiniennes, ces incidents ont fait plusieurs blessés et ont détruit des infrastructures cruciales. Des images diffusées mardi ont montré des hommes masqués incendiant des camions et des installations palestiniennes à Beit Lid, tandis qu’à Deir Sharaf, des tentes bédouines brûlaient sous les cris de panique des habitants.
Des chiffres alarmants de l’ONU
Dans son dernier rapport, l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) affirme que le mois dernier a enregistré le plus grand nombre d’attaques violentes de colons depuis le début du suivi en 2006. Plus de 260 attaques ont frappé familles, cultures et biens palestiniens, soit une moyenne de huit incidents par jour. Depuis le début de l’année, environ 1 500 attaques ont été répertoriées.
La violence connaît un pic particulier en pleine saison agricole : près de 150 agressions ont perturbé la récolte des olives, faisant plus de 140 blessés et détruisant plus de 4 000 arbres dans 77 villages.
Réactions contrastées côté israélien
Les Forces de défense israéliennes (FDI) affirment avoir dispersé les affrontements et interpellé plusieurs suspects. Mais elles reconnaissent que certains colons ont ensuite attaqué leurs propres soldats, endommageant un véhicule militaire. L’armée et la police ont annoncé plusieurs arrestations.
Le président israélien, Isaac Herzog, a condamné des actes qu’il qualifie de « choquants et graves », imputables à « un groupe d’individus violents et dangereux ». Même ton du côté du commandant du Centre des FDI, le général Avi Bluth, qui juge ces violences « inacceptables » et contraires à la stabilité sécuritaire.
Une impunité dénoncée
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une impunité systémique. L’ONG israélienne Yesh Din indique que 93,8 % des enquêtes ouvertes entre 2005 et 2024 sur des crimes commis par des colons n’ont débouché sur aucune inculpation. L’ONU va plus loin : « La non-prévention et l’absence de sanctions violent le droit international », insiste Tom Fletcher, coordinateur pour les urgences humanitaires.
Pendant ce temps, de nouveaux drames frappent les familles palestiniennes. À Beita, des centaines de personnes ont assisté aux funérailles d’un adolescent de 13 ans, mort après avoir inhalé du gaz lacrymogène tiré par les FDI près du site d’Evyatar.
Une politique de colonisation en expansion
Les associations israéliennes estiment que les nouvelles unités de logement en Cisjordanie ont déjà atteint un record pour 2025 : 5 667 constructions prévues, capables d’accueillir 25 000 nouveaux colons. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, accélère ouvertement les procédures de planification et de légalisation d’avant-postes, affirmant vouloir empêcher tout avenir à un État palestinien.
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