Vidéosurveillance ferroviaire, l’ONCF engage près de 22 MDH pour sécuriser son réseau
L’Office national des chemins de fer engage un nouveau palier dans la sécurisation de son réseau en lançant un vaste programme de renforcement de la vidéosurveillance ferroviaire. Derrière un budget global avoisinant les 22 MDH par an, l’opération dépasse largement la simple installation de caméras supplémentaires. Elle s’inscrit dans une stratégie de modernisation profonde des infrastructures de sûreté, pensée pour accompagner l’intensification du trafic, l’extension du réseau et l’évolution des standards internationaux en matière de protection des usagers et des installations sensibles.
LA VÉRITÉ
L’initiative intervient dans un contexte où le réseau ferroviaire marocain connaît une montée en charge continue, marquée par l’augmentation du nombre de voyageurs, la diversification des flux logistiques et l’intégration progressive de nouvelles technologies de pilotage et de supervision. La sécurité devient alors un enjeu central, non seulement pour prévenir les actes de malveillance ou d’intrusion, mais aussi pour optimiser la gestion quotidienne des incidents, améliorer la réactivité opérationnelle et renforcer la confiance des usagers dans le transport ferroviaire.
Le projet repose sur une architecture clairement structurée autour de trois volets complémentaires. Le premier, et le plus conséquent, concerne l’extension et la mise à niveau de l’infrastructure de vidéosurveillance existante. Avec une enveloppe annuelle estimée à près de 17,7 MDH, ce chantier vise à densifier la couverture vidéo sur l’ensemble des sites stratégiques du réseau, notamment les gares à forte affluence, les zones techniques sensibles et certains tronçons critiques. Il s’agit d’un saut qualitatif qui permet à l’ONCF de passer d’une logique de surveillance ponctuelle à une vision plus globale et intégrée de la sécurité ferroviaire.
Le deuxième volet porte sur la maintenance du parc de caméras déployées sur le réseau. Doté d’un budget annuel avoisinant le million de dirhams, il répond à une exigence souvent sous-estimée mais essentielle, celle de la fiabilité dans la durée. La pérennité des équipements, leur bon fonctionnement et leur disponibilité permanente constituent en effet la condition sine qua non d’un dispositif de sécurité efficace. À travers ce choix, l’ONCF affiche une approche mature, consciente que l’investissement technologique ne vaut que par sa capacité à rester opérationnel dans le temps.
Le troisième axe concerne le support technique du système de gestion vidéo, basé sur la solution VMS Milestone, pour un montant d’environ 2,9 MDH par an. Ce choix technologique n’est pas anodin. Le recours à une plateforme de gestion centralisée largement reconnue dans l’industrie permet de consolider l’ensemble des flux vidéo, de faciliter leur exploitation en temps réel et d’améliorer l’analyse post-incident. Il ouvre également la voie à des évolutions futures, notamment l’intégration de modules d’analyse intelligente ou de dispositifs d’alerte avancés, en phase avec les tendances observées dans les réseaux ferroviaires les plus avancés.
Au-delà des montants engagés, la gouvernance du projet révèle une organisation interne soigneusement pensée. La maîtrise d’ouvrage est répartie entre deux pôles clés de l’Office. La direction du Pôle Services pilote le volet infrastructure, tandis que la direction des Systèmes d’information et du digital prend en charge les aspects liés à la maintenance et au pilotage du système de gestion vidéo. Cette répartition traduit une volonté de croiser expertise opérationnelle et compétence technologique, condition indispensable à la réussite d’un projet de cette envergure.
L’investissement consenti par l’ONCF s’inscrit également dans une dynamique plus large de transformation du service public ferroviaire. La vidéosurveillance n’est plus envisagée comme un outil passif de contrôle, mais comme un levier de performance globale. Elle contribue à fluidifier l’exploitation du réseau, à renforcer la coordination entre les équipes de terrain et les centres de supervision, et à améliorer la gestion des situations exceptionnelles. Dans un environnement ferroviaire de plus en plus complexe, marqué par des exigences accrues en matière de sûreté, cette approche intégrée devient un facteur clé de résilience.
En consolidant son dispositif de vidéosurveillance, l’Office national des chemins de fer envoie ainsi un signal clair. La sécurité des usagers et la protection des infrastructures ne relèvent plus d’une logique défensive minimale, mais d’une vision stratégique à long terme, alignée sur les ambitions de modernisation du rail marocain. À travers cet investissement structurant, l’ONCF confirme sa volonté d’anticiper les défis à venir et de positionner le réseau ferroviaire national aux standards les plus exigeants en matière de sûreté et de gestion opérationnelle.
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