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Vers un réchauffement des relations Maroco-Egyptiennes

Par Yassine Andaloussi


Ces dernières années, les relations entre le Maroc et l’Égypte ont connu des phases de crispation, nourries par des divergences diplomatiques sur des dossiers sensibles comme la question du Sahara et la situation en Libye. Le Caire avait longtemps adopté une position prudente, préférant ne pas heurter Alger, ce qui était perçu à Rabat comme un manque de soutien sur une cause nationale vitale. Parallèlement, les approches divergentes sur la Libye ont accentué la distance entre les deux capitales, l’Égypte misant sur des acteurs militaires tandis que le Maroc privilégiait une solution politique inclusive et durable.

Cependant, le contexte régional et international en pleine recomposition pousse aujourd’hui les deux pays à réévaluer leurs rapports. Des signaux clairs indiquent un réchauffement progressif des relations. L’Égypte a récemment exprimé un soutien plus affirmé à l’intégrité territoriale du Maroc, ce qui marque un tournant diplomatique important. Dans le même temps, les rencontres bilatérales se sont multipliées, traduisant une volonté partagée de renouer le dialogue et d’élargir la coopération. L’économie constitue un terrain favorable à ce rapprochement, puisque le Maroc, grâce à sa position de hub vers l’Afrique de l’Ouest, et l’Égypte, porte d’entrée vers l’Afrique orientale et le Moyen-Orient, disposent de complémentarités réelles. Les discussions autour d’investissements croisés dans l’industrie, l’énergie renouvelable et les infrastructures témoignent de cette dynamique nouvelle.

Au-delà de l’économie, la sécurité régionale reste une préoccupation commune. Les deux pays font face aux mêmes défis régionaux. la coopération en matière de renseignement et de stratégie militaire apparaît comme une nécessité, d’autant plus que les ingérences des puissances extérieures, comme la Turquie ou l’Iran, redessinent les équilibres. Pour Rabat comme pour Le Caire, il devient essentiel de renforcer leur position afin de ne pas se voir marginalisés dans ce jeu de puissance.

Ce rapprochement n’est toutefois pas exempt de limites. L’Égypte conserve des liens solides avec l’Algérie, partenaire stratégique qui reste l’allié le plus fervent du Polisario. De plus, sur le dossier libyen, les divergences de vision persistent. Ces points de friction expliquent pourquoi il ne s’agit pas encore d’une alliance stratégique complète, mais plutôt d’une convergence progressive dictée par les réalités régionales.

Ainsi, le climat actuel traduit une volonté partagée de surmonter les blocages du passé et d’ouvrir une nouvelle phase dans les relations maroco-égyptiennes. Cette évolution repose sur la reconnaissance d’intérêts communs, qu’il s’agisse de renforcer la sécurité, de dynamiser les échanges économiques ou de consolider leur influence sur la scène arabo-africaine. Si cette dynamique se poursuit et parvient à dépasser les obstacles structurels, elle pourrait redonner à l’axe Rabat–Le Caire un rôle central dans les équilibres régionaux à venir.


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