Urgence Climat : 4 millions de dollars pour sauver l’agriculture marocaine de la sécheresse
La Banque mondiale vient d’approuver un don de 4 millions de dollars du Fonds pour une planète vivable (LPF) pour le Maroc. Ce financement additionnel, validé le 20 décembre 2025, est dédié au renforcement de la résilience climatique du système agroalimentaire marocain, un secteur jugé vital. L’institution complète ainsi un programme initial majeur de 250 millions de dollars pour accélérer la transition des petits agriculteurs vers l'agriculture de conservation et les pratiques climato-intelligentes.
LA VÉRITÉ
La Banque mondiale a approuvé, le 20 décembre 2025 à Washington, un don de 4 millions de dollars provenant du Fonds pour une planète vivable (LPF) destiné au Maroc. Ce financement supplémentaire vise à dynamiser la résilience du système agroalimentaire face aux chocs climatiques, complétant ainsi un programme initial majeur de 250 millions de dollars approuvé en décembre 2024.
Un financement pour la transformation
Ce nouvel appui consolide l’objectif initial de généraliser les pratiques intelligentes face au climat. Le secteur agroalimentaire marocain est d’une importance capitale pour l’économie nationale et pour les moyens de subsistance de la population rurale. Toutefois, les sécheresses successives ont exposé la vulnérabilité de la production céréalière pluviale. Ainsi, la nécessité d’évoluer vers des systèmes de production plus résilients est devenue impérative.
Ce don supplémentaire agit comme un catalyseur puissant, levant les contraintes liées à la demande auxquelles font face les petits et moyens agriculteurs. Il accélère la transition vitale de la production céréalière pluviale vers l’agriculture de conservation. L’agriculture de conservation permet de stabiliser les rendements, tout en améliorant la gestion cruciale des sols et de l’eau. Par conséquent, elle réduit l’exposition globale des producteurs aux chocs climatiques sévères.
Aide directe aux producteurs
Le programme impactera directement environ 1 200 agriculteurs, couvrant une superficie estimée à 20 000 hectares. Le soutien prend la forme concrète de bons électroniques. Ces bons électroniques constituent un bouclier financier, réduisant les coûts de production. Ils offrent des services de mécanisation essentiels, comme le semis direct, et facilitent l’accès à des semences spécifiquement résistantes au climat. De plus, la Banque mondiale fournira une assistance technique essentielle pour la conception et le déploiement efficaces de ce système de bons, ainsi que pour l’évaluation de son impact.
Inclusion et marchés rémunérateurs
Au-delà de l’aide à la production, le projet s’attache à renforcer l’inclusion financière des agriculteurs. Il aidera les producteurs de céréales et de légumineuses, incluant spécifiquement les femmes et les jeunes, à accéder à des marchés plus avantageux. L’objectif est d’atteindre ces marchés rémunérateurs par une agrégation intelligente de la production générée.
En conjugaison avec des mesures visant à renforcer les capacités des acteurs publics et privés, le programme complet vise à aider les agriculteurs à commercialiser des aliments plus sûrs et de meilleure qualité. L’augmentation de leurs revenus est un objectif central, garantissant la cohérence avec le financement initial.
Emplois verts et cohérence
Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb, a souligné que ce financement aidera le Maroc à créer des « emplois verts » indispensables dans les zones rurales. Il a insisté sur l’importance de favoriser le passage à des pratiques climato-intelligentes et d’expérimenter des formes de soutien innovantes et numériques en faveur des petits exploitants.
Ce projet consolide la dynamique engagée l’année précédente et renforce la collaboration au sein du Groupe de la Banque mondiale tout entier. Le programme promeut une démarche de synergie institutionnelle en mobilisant la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Société financière internationale (IFC). Enfin, il contribue directement à l’initiative AgriConnect, notamment en renforçant la sécurité alimentaire et nutritionnelle nationales et en soutenant l’emploi dans les chaînes de valeur des céréales et des légumineuses.
La gestion, le suivi et l’évaluation du projet seront par ailleurs renforcés pour quantifier avec précision les avantages. Cela inclut la mesure des gains en termes de rendements et de revenus agricoles, ainsi que la quantification des bénéfices en matière d’atténuation des changements climatiques, notamment via la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
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