Une nouvelle ère de protection : L’OIT adopte une convention historique contre les dangers biologiques
Une protection contre les dangers biologiques au boulot, l'OIT a voté une Convention décisive à Genève.
LA VÉRITÉ
Dans un monde où les menaces invisibles peuvent frapper à tout moment, la sécurité au travail est plus cruciale que jamais. C’est dans ce contexte que les membres de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ont marqué un tournant décisif. Réunis à Genève, la 113e Conférence internationale du Travail (CIT) a été le théâtre d’une avancée majeure : l’adoption, le vendredi 13 juin 2025, d’une nouvelle Convention audacieuse et indispensable contre les dangers biologiques en milieu professionnel. Cet événement historique promet de redéfinir la protection des travailleurs face aux risques biologiques.
Un tournant historique pour la sécurité au travail
La nouvelle Convention contre les dangers biologiques au travail a été adoptée avec une majorité écrasante de 406 voix pour, contre seulement 12 oppositions et 13 abstentions. Ce texte est l’aboutissement de deux ans de discussions intenses et vise à offrir des réparations aux personnes malades, blessées ou décédées des suites d’une exposition aux risques biologiques. Mia Seppo, sous-directrice générale de l’OIT chargée de l’emploi et de la protection sociale, a salué cet accord comme « un moment historique ». Elle a déclaré à la presse qu’il s’agit de « la toute première norme internationale consacrée spécifiquement aux risques biologiques au travail ». Pour que cette Convention entre en vigueur, elle requiert au moins deux ratifications parmi les 187 États membres de l’OIT. Par ailleurs, la CIT a également adopté une Recommandation complémentaire, approuvée par 390 voix, qui fournit des orientations techniques détaillées pour la prévention et la protection.
Répondre aux défis du monde actuel
Ces nouveaux instruments internationaux arrivent à un moment opportun, voire indispensable, comme l’a souligné Mia Seppo. « Nous sortons d’un monde qui a tiré les leçons de la pandémie de Covid-19. Nous voyons aussi comment le changement climatique augmente encore le risque des dangers biologiques », a-t-elle expliqué. En effet, la crise sanitaire mondiale a mis en lumière la vulnérabilité des travailleurs face à ces menaces. De même, les perturbations climatiques entraînent l’émergence de nouveaux agents pathogènes ou la propagation de maladies existantes. La Convention est contraignante, ce qui signifie que les États qui la ratifient s’engagent à respecter ses dispositions. En revanche, la Recommandation, bien que non contraignante, va beaucoup plus loin dans le détail, couvrant la prévention, la protection et la résilience, et spécifiant les obligations tant pour les employeurs que pour les travailleurs.
L’engagement international et l’exemple marocain
Ce processus normatif a bénéficié d’une collaboration internationale active. Le Maroc, par exemple, a joué un rôle de premier plan dans les discussions en commission. Il a présenté des amendements significatifs au nom du groupe africain. La délégation marocaine s’est appuyée sur sa propre expérience solide en la matière. Le pays dispose, depuis 2013, d’un cadre réglementaire pour la prévention des risques biologiques conforme aux normes internationales. Par conséquent, l’expertise marocaine a permis de présenter des propositions concrètes qui ont été intégrées dans la version finale du texte de la Convention. Cet exemple illustre l’importance de la contribution des États membres pour élaborer des normes adaptées aux réalités mondiales.
Vers un avenir plus sûr pour tous les travailleurs
L’adoption de cette nouvelle Convention et de sa Recommandation associée représente une avancée monumentale pour la protection des travailleurs face aux dangers biologiques. Elle souligne la prise de conscience collective des risques sanitaires émergents et l’engagement de l’OIT à y répondre de manière proactive. Désormais, le véritable défi réside dans la ratification rapide de cette Convention par les États membres et son application effective sur le terrain.
En définitive, ces instruments ne sont pas seulement des textes législatifs. Ils incarnent l’espoir d’un avenir où chaque travailleur, quelle que soit son profession, pourra exercer son métier en toute sécurité, à l’abri des menaces invisibles.
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