Un ex-policier aux frontières français condamné : est-ce vraiment d’espionnage ?
Par AFP
Un ex-policier aux frontières français et un ancien responsable de sûreté aéroportuaire ont été condamnés vendredi près de Paris des peines de prison avec sursis pour avoir transmis entre 2016 et 2017 des informations confidentielles à un agent secret marocain, jugé en son absence.
Le tribunal correctionnel de Créteil a déclaré les deux hommes coupables notamment de corruption et de violation et recel du secret professionnel. L’agent marocain, visé par un mandat d’arrêt, a été condamné à un an d’emprisonnement.
Cadre de la police aux frontières (PAF) à l’aéroport d’Orly, l’ancien policier de 66 ans était accusé d’avoir transmis 100 à 200 fiches confidentielles, dont celles sur des personnes soupçonnées de radicalisation islamiste, en contrepartie de voyages tous frais payés au Maroc ou en Angola.
Il était alors à la tête du service de la PAF chargé de faire remonter les informations sur les allées et venues des personnes apparaissant au fichier des personnes recherchées. Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis.
Condamné à un an de prison avec sursis, son coprévenu, un Franco-Marocain de 61 ans connu dans le microcosme d’Orly, dirigeait lui d’une entreprise de sûreté aéroportuaire et a joué l’intermédiaire avec un agent secret marocain, à qui étaient remises ces données confidentielles.
En le déclarant coupable ce membre du renseignement marocain, le tribunal a décerné vendredi un nouveau mandat d’arrêt à son encontre.
Tout au long des débats, les deux prévenus présents à l’audience ont argué qu’ils avaient agi pour les intérêts français, à une époque où une brouille diplomatique éloignait la France et le Maroc et alors que la France était frappée par une vague d’attentats jihadistes.
L’objectif était de « mettre tout ce qui était dans mon pouvoir pour prévenir tout acte terroriste sur la plateforme aéroportuaire », a déclaré à la barre le policier retraité.
Son avocate Me Blandine Russo a estimé que « certains éléments du dossier n’étaient pas clairs, notamment au sujet (du rôle) de supérieurs hiérarchiques » qui ne faisaient pas partie des prévenus.
Me Jean-Yves Le Borgne, avocat du directeur de sécurité aéroportuaire, a, lui, jugé la « décision équilibrée ».
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