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UM6P : 5 ans au cœur de l’innovation

UM6P : cinq ans de structuration pour propulser la recherche nationale vers l’excellence. Une force de frappe de 1 500 chercheurs mobilisés pour transformer la R&D en levier de performance. L’UGF s’érige en opérateur de référence pour le déploiement des politiques publiques d’innovation.

Par Mohammed Taoufiq Bennani


Cinq ans après sa création, l’Unité de Gestion des Fonds (UGF) de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) franchit un cap important. Avec plus de 1 500 chercheurs mobilisés et une vingtaine de programmes déployés, l’institution s’impose désormais comme le pivot de la nouvelle gouvernance nationale de la Recherche et Développement (R&D). En publiant son premier rapport quinquennal ce 20 juillet 2026, l’université affiche ses ambitions : transformer la recherche académique en un levier de performance industrielle et d’impact sociétal pour le Royaume.

 

Un déploiement d’envergure au service de la souveraineté nationale

Depuis son lancement en 2020, l’Unité de Gestion des Fonds de l’UM6P a opéré une montée en puissance rapide, structurant un écosystème qui dépasse largement les frontières de son campus de Benguerir. En une demi-décennie, l’UGF a piloté plus de 25 programmes de recherche et d’innovation, permettant l’accompagnement de plus de 150 projets concrets.

Cette dynamique repose sur une force de frappe scientifique massive. Selon le communiqué de l’institution, ce sont plus de 1 500 chercheurs qui ont été mobilisés, épaulés par un réseau international de plus de 1 000 experts. L’un des points saillants de ce bilan est l’ouverture vers le secteur public. Onze universités publiques marocaines ont été intégrées aux programmes, favorisant une collaboration multidisciplinaire inédite. Les travaux se concentrent sur des secteurs identifiés comme hautement stratégiques pour le pays dont l’agriculture, l’eau, l’énergie, la santé, les matériaux, mais aussi l’intelligence artificielle et les sciences humaines.

 

De l’administration à la performance : un changement de paradigme

L’apport de l’UGF ne se limite pas au simple financement. L’organisme a instauré un modèle intégré de gestion qui couvre l’intégralité du cycle de vie des projets de R&D. Ce processus rigoureux va de l’identification initiale des besoins du marché ou de la société jusqu’à la mesure finale de l’impact, en passant par des appels à projets structurés, une évaluation scientifique stricte et un suivi opérationnel continu.

Ce changement de méthode marque une rupture avec les pratiques antérieures. « En introduisant des standards communs de sélection, d’évaluation, de suivi et de redevabilité, l’UGF a contribué à faire évoluer les programmes de recherche d’une logique essentiellement administrative vers une logique de performance », précise le rapport de l’université. Cette nouvelle « culture de l’exigence » vise à garantir que chaque dirham investi dans la recherche produise des résultats valorisables, que ce soit par des brevets, des prototypes ou des publications de haut niveau.

Cette quête de rigueur a d’ailleurs été couronnée par l’obtention de la certification ISO 9001 : 2015, une norme internationale qui atteste de la robustesse des processus de management de la qualité au sein de l’unité.

 

Des résultats tangibles pour la souveraineté technologique

Le bilan chiffré des cinq premières années d’activité témoigne de la vitalité de cette approche. L’UGF a notamment permis :

  • La formation et l’encadrement de plus de 390 doctorants.
  • La mobilisation de plus de 210 post-doctorants et ingénieurs de recherche.
  • La publication de plus de 236 articles scientifiques dans des revues internationales de premier quartile (Q1), garantissant une visibilité mondiale à la recherche marocaine.
  • L’accompagnement de plus de 25 projets en phase de maturation technologique et commerciale, facilitant le passage du laboratoire au marché.

Ces indicateurs démontrent que l’investissement dans le capital humain et dans les infrastructures de recherche commence à porter ses fruits, notamment à travers le développement de prototypes innovants dans les domaines de l’eau et de l’énergie.

Vers une institutionnalisation de la recherche nationale

L’avenir de l’UGF s’inscrit désormais dans une dimension de politique publique. L’unité entame une nouvelle phase de son développement en devenant l’opérateur de référence pour le Programme National d’Appui à la Recherche, au Développement et à l’Innovation (PNARDI). Ce programme est le fruit d’un partenariat tripartite entre le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MESRSI), la Fondation OCP et l’UM6P.

Dans ce nouveau cadre, l’UGF ne gère plus seulement ses propres fonds, mais intervient comme un bras opérationnel pour l’ensemble du système universitaire marocain. Elle assure désormais l’unification des processus d’évaluation et de suivi pour toutes les universités publiques et institutions nationales de recherche.

Comme le souligne Ryad Mouline, Head de l’Unité de Gestion des Fonds : « L’impact d’une recherche se prépare bien avant ses résultats. C’est la manière dont les projets sont conçus et suivis qui définit leur qualité scientifique ». En passant d’une structure de gestion interne à un acteur central des politiques publiques, l’UM6P confirme sa volonté de devenir le moteur de la souveraineté scientifique du Maroc.


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