Trump signe la fin des sanctions : La Syrie se libère de l’embargo américain
Washington ouvre les portes à la Syrie. La "loi César" est assouplie et de nouveaux investissements sont encouragés.
LA VÉRITÉ
Le lundi 30 juin 2025, un événement de portée historique a secoué la diplomatie mondiale. À Washington, le président américain Donald Trump a apposé sa signature sur un décret capital. Ce texte formalise le démantèlement des sanctions américaines visant la Syrie. Cette action marque une étape décisive dans le rapprochement entre les deux pays, survenant après la chute du régime de Bachar al-Assad. La Maison Blanche a affirmé qu’il s’agit d’un « effort pour promouvoir et soutenir le chemin du pays vers la stabilité et la paix ».
Un revirement stratégique annoncé
Ce geste diplomatique n’est pas sans précédent. Le président Trump avait déjà créé la surprise en annonçant la levée de ces sanctions le 13 mai dernier, lors d’une visite à Riyad. Il avait alors exprimé sa volonté de « donner une chance de grandeur » aux nouvelles autorités de Damas. D’ailleurs, dès le lendemain de cette annonce, Trump a rencontré le président syrien par intérim, Ahmad Al Chareh. Ce dernier dirige la coalition rebelle, notamment le groupe islamiste Hayat Tahrir Al Sham (HTS), qui a renversé le président syrien déchu en décembre. C’est ainsi que, depuis cet événement majeur, Washington a déjà considérablement assoupli la plupart de ses sanctions. L’objectif principal est de faciliter le retour de la Syrie dans le système financier international. Des autorisations sont également mises en œuvre pour encourager de nouveaux investissements dans le pays. Rappelons que la Syrie, longtemps sous la houlette du clan Assad, subissait des sanctions internationales depuis 1979. Ces mesures punitives s’étaient intensifiées après la répression brutale des manifestations pro-démocratie en 2011, un événement qui a déclenché une guerre dévastatrice.
Les portes de la reconstruction s’ouvrent
Le décret présidentiel constitue une véritable feuille de route pour l’avenir de la Syrie. Il fait état des « mesures positives » déjà entreprises par les autorités syriennes depuis la chute d’Assad. Ce document crucial démantèle l’architecture globale des sanctions américaines, y compris une « déclaration d’urgence nationale » datant de 2004. Parallèlement, le département d’État a accordé une dérogation spécifique à la « loi César ». Cette loi de 2020 avait imposé des sanctions sévères à toute entité ou entreprise qui coopérait avec le pouvoir déchu de Bachar al-Assad. La réaction syrienne ne s’est pas fait attendre. Sur la plateforme X, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad Al Chibani, a chaleureusement salué ce développement. Il a qualifié cette décision de « tournant important, qui favorise l’entrée de la Syrie dans une nouvelle phase de prospérité, de stabilité et d’ouverture sur la communauté internationale ». Il a souligné que la levée de cet « obstacle majeur à la reprise économique » ouvre « les portes tant attendues de la reconstruction et du développement ». Cela inclut également la « réhabilitation des infrastructures vitales, créant ainsi les conditions nécessaires pour un retour digne et sûr des déplacés syriens dans leur patrie ».
Des zones d’ombre et de nouvelles alliances
Malgré cette levée générale des sanctions, Washington maintient une vigilance certaine. Le décret précise que les sanctions continueront de viser Assad lui-même, réfugié en Russie. Elles s’appliqueront aussi à « ses associés, les auteurs de violations des droits de l’homme, les trafiquants de drogue et personnes liées à l’État islamique ». Cependant, une autre question essentielle demeure en suspens, le retrait de la Syrie de la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme. Si ce n’est pas encore une réalité, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a clairement indiqué que Washington y songeait sérieusement. Il a déclaré : « Je réexaminerai les désignations de HTS et du président Al Chareh comme terroristes mondiaux spécialement désignés, ainsi que la désignation de la Syrie comme État soutenant le terrorisme ». Enfin, cette évolution intervient dans un contexte régional en pleine mutation. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a affirmé qu’Israël était « intéressé » par une normalisation de ses relations avec la Syrie et le Liban. Cela s’inscrirait dans le cadre des accords d’Abraham de 2020, parrainés par le président Trump lors de son premier mandat. Ces accords avaient déjà vu Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Maroc et le Soudan établir des liens formels avec Israël. L’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a même suggéré que les frappes israéliennes contre l’Iran avaient créé une « fenêtre de tir qui n’a jamais existé » auparavant au Moyen-Orient.
La levée de la plupart des sanctions américaines marque indéniablement l’aube d’une nouvelle ère pour la Syrie. Elle promet un chemin vers la stabilité, la paix et la reconstruction d’un pays dévasté par des années de conflit. Cependant, les défis restent immenses, avec des sanctions persistantes contre des individus clés et une réévaluation des désignations concernant le terrorisme. Ce revirement diplomatique, couplé aux dynamiques régionales changeantes, soulève une question fondamentale : cette ouverture sans précédent suffira-t-elle à garantir une paix durable et une véritable renaissance pour la Syrie, ou les complexités du terrain et les héritages du passé continueront-ils de peser lourdement sur son avenir ?
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