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Trump planifie le déploiement de la garde nationale à Chicago

Par Yassine Andaloussi


Selon un article publié ce dimanche matin par le Washington Post, le Pentagon planifie depuis des semaines le déploiement de troupes de la Garde nationale à Chicago, voulu par le président américain Trump pour intensifier la répression contre la criminalité et l’immigration.

Le recours à la Garde nationale, déjà expérimenté à Washington et à Los Angeles, ne se limite pas à un simple dispositif  sécuritaire de maintien de l’ordre. Il traduit une volonté de montrer la puissance de l’État fédéral, quitte à court-circuiter les gouverneurs et maires qui s’opposent à cette approche. Trump, en affirmant vouloir « rendre les villes très, très sûres », oppose implicitement la fermeté fédérale à l’« incapacité » supposée des dirigeants locaux démocrates à juguler criminalité et immigration clandestine.

Cette posture répond aussi à une logique électorale. En désignant Chicago et New York comme symboles d’un prétendu chaos urbain, Trump consolide son discours sécuritaire auprès de son électorat. Elle participe d’une rhétorique où les « villes bleues » en référence aux villes qui votent majoritairement pour le Parti démocrate, deviennent des repoussoirs, présentées comme livrées à la violence et à l’illégalité, et nécessitant l’intervention du pouvoir central. Cette dynamique n’est pas nouvelle, ses campagnes présidentielles américaines se sont souvent appuyées sur des représentations simplifiées de l’insécurité, mais Trump pousse la logique jusqu’à envisager une militarisation des réponses.

Le recours massif aux forces fédérales pose toutefois des questions institutionnelles. Historiquement, la Garde nationale dépend des gouverneurs, même si le président peut la mobiliser dans certaines circonstances exceptionnelles. A Los Angeles, en juin, où 4.000 gardes nationaux et 700 Marines avaient été déployés malgré l’opposition locale, révèle la fragilité des équilibres entre pouvoir fédéral et autonomie des États. On assiste donc à un rapport de force entre Trump et ses adversaires.

L’efficacité même de cette stratégie reste discutable. Chicago a enregistré 573 homicides en 2024, soit une baisse de 8 % par rapport à 2023. Les indicateurs ne témoignent donc pas d’une explosion incontrôlée de la violence, mais d’une tendance lente et complexe que la militarisation ne saurait résoudre à elle seule. La focalisation sur les migrants sans papiers, via l’ICE qui est une agence fédéral américaine qui arrête et expulse les personnes présentent illégalement sur le territoire des Etats Unis. Cette agence participe davantage sur la scène politique que sur le terrain, pêne à atteindre les objectifs souhaité par le pouvoir central.

En définitive, le cas de Chicago illustre la politisation de la sécurité aux États-Unis. Derrière le déploiement militaire envisagé se joue moins la lutte contre la criminalité que l’affirmation d’une vision autoritaire pour le maintien de l’ordre public.


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