Trump et Netanyahu face au compte à rebours de Gaza
Washington espère conclure un accord “cette semaine” pour libérer des otages et instaurer une trêve de 60 jours, sous l’œil vigilant du monde entier

Par Fayçal El Amrani
Dans une atmosphère chargée d’attente et de calculs politiques, le président américain Donald Trump accueille ce lundi soir à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Une rencontre décisive, au cœur d’un été diplomatique sous haute tension, avec un objectif clair : faire avancer les négociations indirectes avec le Hamas pour obtenir une trêve humanitaire et la libération de dizaines d’otages israéliens retenus dans la bande de Gaza depuis près de deux ans.
Un moment charnière pour le dossier des otages
À la veille de la rencontre, Donald Trump a fait monter l’optimisme d’un cran, en déclarant à la presse qu’il existe “de bonnes chances d’obtenir un accord d’ici la fin de la semaine”. Un pari audacieux dans un conflit où chaque avancée diplomatique semble fragile, mais qui ravive l’espoir d’une troisième trêve humanitaire depuis l’éclatement de la guerre, en octobre 2023.

À Doha, les négociateurs israéliens et les émissaires du Hamas poursuivent depuis dimanche des discussions sous médiation qatarie et égyptienne, avec le soutien logistique et politique des États-Unis. L’enjeu immédiat : un échange progressif d’otages contre des prisonniers palestiniens, assorti de garanties pour stopper l’escalade militaire.
Une proposition sur la table : 60 jours pour respirer
D’après des sources proches des négociations, le plan discuté prévoit une trêve de deux mois, au cours de laquelle le Hamas s’engagerait à libérer dix otages vivants, ainsi que plusieurs dépouilles, en échange de la libération d’un nombre significatif de prisonniers palestiniens. Le groupe islamiste réclame en contrepartie des garanties internationales contre une reprise des hostilités, la réactivation du mécanisme humanitaire de l’ONU, ainsi qu’une retraite militaire israélienne progressive.
Benjamin Netanyahu a déjà qualifié certaines demandes du Hamas d’“inacceptables”. Mais face à la pression grandissante — venue de l’opinion publique israélienne, des familles d’otages, et de la communauté internationale —, l’homme fort de Jérusalem se montre aujourd’hui prêt à faire un pas de plus, du moins en façade.
Un bilan qui pèse lourdement sur les négociations
La guerre lancée par Israël après l’attaque du 7 octobre 2023 a provoqué un désastre humanitaire sans précédent à Gaza. Selon les autorités locales, plus de 57.400 Palestiniens, en grande majorité des civils, ont été tués. L’ONU alerte régulièrement sur l’effondrement total des conditions de vie dans l’enclave, où plus de deux millions d’habitants vivent au rythme des bombardements, des pénuries et du deuil.
Depuis octobre, deux trêves temporaires avaient permis des échanges limités de captifs contre des détenus palestiniens. Mais l’élément bloquant reste toujours le même : le refus d’Israël d’accepter un cessez-le-feu durable, exigé par le Hamas comme préalable à toute paix réelle.
Des enjeux politiques majeurs de part et d’autre
La rencontre de ce soir n’est pas seulement une étape diplomatique. C’est aussi un coup politique dans deux calendriers électoraux. Pour Trump, réussir à débloquer ce dossier à haute intensité émotionnelle et géopolitique serait un atout considérable sur la scène internationale.
Pour Netanyahu, qui gouverne avec une coalition fragilisée, cette réunion est l’occasion de démontrer qu’il garde la main sur le dossier sécuritaire, tout en renforçant ses liens avec Washington, après plusieurs mois de tensions stratégiques.
La paix en suspens, la diplomatie à l’épreuve
À l’heure actuelle, 49 otages israéliens restent retenus à Gaza. Parmi eux, 27 sont présumés morts. En dépit des échecs précédents, Trump affirme que “plusieurs d’entre eux pourraient être libérés très bientôt”. Un optimisme prudent, que la réalité du terrain ne cesse de tempérer.
Les regards sont désormais tournés vers cette réunion bilatérale, qui pourrait bien sceller une étape décisive dans le conflit israélo-palestinien — ou marquer une occasion ratée de plus. L’histoire, elle, continue de s’écrire dans l’urgence.

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