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Trump accueilli au Royaume-Uni entre fastes royaux, contestations populaires et dilemmes politiques pour Starmer

Une visite d’État inédite relance la relation transatlantique dans un climat de tensions internes et internationales

Par Fayçal El Amrani


À Windsor, Donald Trump s’apprête à fouler cette semaine le tapis rouge pour sa deuxième visite d’État au Royaume-Uni, accueilli avec faste par le roi Charles III et par le gouvernement britannique. Pourtant, à quelques kilomètres de là, à Londres, des dizaines de milliers de manifestants se préparent à défiler contre sa présence. Cette dualité illustre à quel point la figure du président américain divise l’opinion publique britannique.

En effet, Trump devient le premier chef d’État étranger invité deux fois à une visite d’État. Déjà reçu par la reine Elizabeth II en 2019, il bénéficie d’un privilège réservé à une poignée de dirigeants, signe d’une volonté de renforcer une “relation spéciale” transatlantique. “C’est une manière de le séduire avant d’aborder des dossiers difficiles, comme le commerce ou la coopération stratégique”, explique William Hurst, du Centre for Geopolitics de l’Université de Cambridge.


Cependant, cette visite intervient dans un climat politique tendu. Le Royaume-Uni traverse une crise migratoire inédite : 29.003 traversées de la Manche ont été recensées en août 2025, contre 21.052 l’année précédente. La popularité du Premier ministre Keir Starmer s’effondre, avec 68 % d’opinions défavorables selon YouGov. Dimanche, plus de 110.000 manifestants ont défilé à Londres contre sa politique migratoire, certains arborant des slogans inspirés du célèbre “Make America Great Again”. Dans ce contexte, Trump pourrait exploiter le sujet pour embarrasser son hôte.


Par ailleurs, la visite vise à relancer l’accord commercial bilatéral récemment conclu entre Londres et Washington. L’objectif affiché consiste à dynamiser une économie britannique fragilisée. Mais la diplomatie ne se limite pas au commerce : Starmer espère rallier Trump à la coalition de soutien à l’Ukraine. Or, malgré des gestes d’ouverture envers Volodymyr Zelensky, le président américain demeure hésitant sur un engagement ferme, ce qui inquiète les Européens.

Les divergences s’étendent à Gaza. Starmer a repris le financement de l’UNRWA, suspendu des contrats d’armement avec Israël et menacé de reconnaître la Palestine si l’offensive israélienne ne cesse pas. Trump, lui, continue de soutenir fermement le gouvernement de Benjamin Netanyahou, accentuant les différences de vision entre les deux dirigeants.


Ainsi, entre honneurs royaux, pressions populaires et désaccords diplomatiques, la visite de Donald Trump met en relief la complexité de la relation américano-britannique. Pour Starmer, ménager le président américain tout en préservant une ligne indépendante représente un exercice d’équilibriste risqué. Derrière les ors de Windsor, se joue une partie stratégique où commerce, migration et crises internationales se télescopent.


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