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Transport public : Le bus au Maroc change de visage

Le Maroc lance un programme "rupture totale" pour moderniser ses bus.

LA VÉRITÉ


Enfin des bus modernes, des systèmes de billetterie simplifiés et des arrêts repensés, aussi bien dans les métropoles que dans les villes secondaires. C’est l’ambition du Nouveau Programme Marocain de Transport Urbain par Bus (2025-2029), présenté lundi 2 juin 2025 à la Chambre des représentants à Rabat. Lors de son annonce, le Ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a détaillé les axes majeurs de ce projet, qualifié de « rupture radicale avec les pratiques passées ». Une véritable révolution pour les transports urbains, qui devrait transformer le quotidien de millions de Marocains.

Un déploiement national ambitieux

Ce programme d’envergure nationale ne se limite pas à quelques centres urbains. Il couvrira 84 villes et agglomérations urbaines à travers le pays. Dans sa phase initiale, ce projet concerne 37 autorités délégataires, ainsi que 18 communes, 12 établissements de coopération intercommunale et 7 groupements de collectivités territoriales. Par ailleurs, ce nouveau modèle de gestion vise à redéfinir l’approche du transport en commun.

Un investissement colossal pour un changement radical

La concrétisation de cette vision nécessite des moyens considérables. Le coût total des investissements prévus atteint le chiffre impressionnant de 11 milliards de dirhams. Ce budget massif est spécifiquement alloué à divers postes clés. D’abord, il finance l’acquisition de 3.746 autobus modernes. Ensuite, il permet la mise en place de systèmes de billetterie performants, d’outils d’assistance à l’exploitation pour optimiser la gestion du réseau, et de systèmes d’information voyageurs pour améliorer l’expérience des usagers. Enfin, une partie importante est dédiée à la construction et l’aménagement des infrastructures nécessaires : parkings, arrêts de bus de qualité, signalétique claire et centres de maintenance efficaces.

Ce programme repose sur de nouveaux principes de gestion. Il sépare clairement l’investissement de l’exploitation. Par conséquent, les autorités délégataires prennent intégralement en charge tous les investissements nécessaires. De même, de nouveaux outils de suivi et de contrôle des contrats d’exploitation sont adoptés pour garantir l’efficacité et la transparence. Le financement de ce projet suit un modèle tripartite. Un tiers du coût est pris en charge par les régions. Les deux tiers restants proviennent du Fonds d’accompagnement des réformes du transport routier. À cet égard, les contributions conjointes des ministères de l’Intérieur et des Finances à ce fonds ont été augmentées, passant de 1 à 1,5 milliard de dirhams, portant l’enveloppe annuelle globale de 2 à 3 milliards de dirhams.

La première phase est déjà lancée

La mise en œuvre se déroule progressivement sur trois phases distinctes. La première phase, qui concerne 6 autorités délégataires et couvre 23 villes et agglomérations, a déjà démarré. Pour commencer, des appels d’offre pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage ont été lancés dans des villes clés comme Marrakech, Tanger, Tétouan, Agadir, Benslimane et Fès. Les bureaux d’études nécessaires ont déjà été désignés pour Marrakech, Tanger, Agadir et Tétouan.

Parallèlement, des appels d’offres ont été lancés par les sociétés de développement locales pour l’acquisition de 1317 autobus. Les marchés pour 968 véhicules ont déjà été attribués, tandis que de nouveaux appels d’offres seront lancés pour les 349 restants, faute d’offres conformes aux exigences. Aussi, des appels d’offres pour les systèmes de billetterie et d’aide à l’exploitation sont en cours, et la liste des entreprises retenues sera annoncée avant le 15 juin.

Les prochaines étapes sont déjà définies

Abordant la deuxième phase, celle-ci ciblera 18 autorités délégataires et s’étendra à 24 villes et agglomérations urbaines. Elle prévoit notamment la préparation des appels d’offres pour l’achat de 827 autobus supplémentaires et des systèmes de gestion associés. Elle inclut également l’identification des futurs opérateurs chargés de l’exploitation.

Et d’ajouter, la troisième phase concernera 13 autorités délégataires et intégrera 37 nouvelles villes et agglomérations urbaines. Selon le ministre, le calendrier de cette dernière phase est directement lié à l’expiration des contrats de gestion actuellement en vigueur.

Un nouveau souffle pour le transport urbain ?

Le Nouveau Programme Marocain de Transport Urbain par Bus incarne une volonté claire de moderniser et d’améliorer en profondeur le transport en commun dans le pays. Avec un investissement conséquent, une couverture étendue et une approche renouvelée de la gestion, ce programme ambitionne de transformer durablement la mobilité urbaine. Mais cette « rupture totale » promise permettra-t-elle de résoudre les défis persistants et d’offrir aux citoyens un service véritablement efficace et attractif à l’horizon 2029 ? Seul l’avenir le dira, alors que la mise en œuvre de ce plan ambitieux ne fait que commencer.


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