Transferts financiers suspects : l’ANRF intensifie la coopération avec les banques
L’Autorité marocaine mobilise l’ensemble des institutions pour retracer l’origine de flux internationaux atypiques
LA VÉRITÉ
Dès les premières alertes, trois banques marocaines ont signalé à l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) des transferts internationaux jugés atypiques. Ces virements, majoritairement en euros et envoyés depuis divers pays européens, alimentaient des comptes appartenant à des personnes physiques et morales au Maroc. Les gestionnaires ont renforcé leur vigilance lorsqu’ils ont observé une redistribution rapide de sommes importantes vers d’autres comptes, souvent liés à des entités sans activité commerciale identifiable.

Par la suite, les services de conformité interne ont découvert que plusieurs titulaires détenaient de multiples comptes au sein des trois établissements bancaires. Cette configuration inhabituelle a accentué les soupçons sur la nature réelle des flux financiers. Les premières vérifications ont confirmé que plus de 15 millions d’euros avaient transité en une seule année vers ces comptes, sans lien économique visible entre les expéditeurs européens et les bénéficiaires marocains. Face à cette situation, les directions centrales ont saisi l’ANRF sans délai.
En parallèle, l’Autorité a ouvert une enquête approfondie en coordination avec l’Office des changes, la Direction générale des Douanes et Impôts indirects et les services fiscaux. L’objectif consiste à déterminer l’origine exacte des fonds, vérifier l’authenticité des justificatifs et contrôler la conformité des opérations déclarées. L’affaire prend désormais une dimension internationale : l’ANRF a sollicité l’appui de ses homologues en Espagne, en Grèce et en Italie afin d’obtenir des informations complètes sur les expéditeurs et leurs activités économiques.
Enfin, un croisement systématique des données douanières et fiscales est en cours pour analyser les dossiers d’importation et d’exportation des personnes morales concernées. Cette démarche vise à établir l’existence ou non d’opérations commerciales réelles. À défaut de preuves tangibles, les bénéficiaires de ces virements devront justifier l’origine et la légalité de fonds dépassant les 15 millions d’euros, conformément aux exigences marocaines en matière de transparence financière.
Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news