laverite.ma

« Touche pas à mon sang ! »: Ces fausses idées qui nous découragent

SOCIÉTÉ Z- NEWSLETTER (apm) / 30 janvier 2020
« Touche pas à mon sang ! »: Ces fausses idées qui nous découragent

« Je vais m’évanouir », « Je crains d’avoir une anémie », « Je vais avoir mal »… La liste des préjugés -infondés bien évidemment mais bien enracinés- sur le don du sang est longue.

Une bonne partie de ces contre-vérités se rapportent à l’état de santé du donneur. Beaucoup de gens font preuve d’une charité et d’une générosité extrêmes quand il s’agit d’aider, financièrement parlant, les plus démunis.

Mais, dès qu’ils sont sollicités pour donner leur sang, ils font marche-arrière, pas par égoïsme ou par insensibilité aux malheurs des autres, mais par peur des éventuelles « complications » que cet acte induirait pour leur santé physique.Se faire extraire un élément vital de son corps, ne serait-ce que quelques gouttes de sang, est une chose qui effraie beaucoup de gens.

A leurs yeux, le don du sang revient à un don de soi, à sacrifier « une partie de soi-même » qui coulera dans les veines de quelqu’un d’autre et qu’ils ne pourront jamais récupérer. Pour qu’ils chassent définitivement cette crainte de leur imaginaire et de leur inconscient, il suffit que ces gens comprennent que la perte de ce liquide rouge est compensée dans moins d’un quart de journée.

Les protéines et les anticorps qui se trouvent dans le sang sont refabriqués très rapidement (quelques heures à quelques jours) alors que les cellules du sang sont remplacées en quelques semaines. Les effets secondaires du prélèvement de sang sont rares, bénins et éphémères et consistent en une pâleur, une fatigue ou un léger malaise (dit vagal) sans gravité.Idem, ce n’est pas cet acte, somme toute anodin, qui risque de chambouler la circulation sanguine.

La pression sanguine ou la tension artérielle baisse très légèrement après un prélèvement, mais elle remonte et se stabilise vite. Pour aider son organisme à se remettre au beau fixe, il est important de se reposer un peu après le don, de prendre une collation, de bien s’hydrater et d’éviter tout effort physique intense.La douleur revient comme l’une des questions les plus fréquemment posées par les volontaires qui sont à deux doigts de faire le pas, mais qui sont freinés par la peur d’avoir mal.

Ces douillets et douillettes, qui ont une peur maladive de l’aiguille, doivent savoir que hormis un léger picotement ressenti au moment de la piqûre, le prélèvement est un acte parfaitement indolore. Par ailleurs, le manque de temps constitue également l’alibi parfait, un argument tout-prêt, avancé par la plupart des gens réticents au don, alors que le prélèvement lui-même ne dure que 8 à 10 minutes.

La crainte de contracter une infection ou un virus est aussi exprimée par beaucoup de personnes, mais donner son sang ne présente aucun risque de contamination. La chaîne comporte trop de maillons et de filtres pour qu’un virus ou tout autre élément nocif puisse s’y infiltrer. 

De l’entretien confidentiel jusqu’aux analyses (hépatite B et C, VIH, syphilis, etc.) et les contrôles de virologie et de qualité, le sang est soumis à des normes de salubrité et de qualité draconiennes qui constituent autant de remparts contre toute infection ou contamination. Ainsi, tous les instruments utilisés (poches, aiguilles…) sont stérilisés et à usage unique. La vente du sang, qui inquiète très souvent, n’est pas pratique commune au Maroc. En effet, le sang est très précieux, trop précieux même pour avoir un prix et pour être commercialisé.

Pour des raisons éthiques, liées au respect de la dignité de l’être humain, le liquide rouge ne peut être ni acheté ni vendu. C’était là un florilège des plus célèbres « intox » liées au don du sang. Certains d’entre elles paraissent tellement incongrues qu’on a du mal à croire qu’elles puissent trouver preneur. Mais, en réalité, elles ont la peau dure et continuent à dissuader beaucoup de gens bien intentionnés et prédisposés. 

Par Meriem RKIOUAK

 

VOS RÉACTIONS