Tom Barrack salue la décision « historique » du Liban de désarmer le Hezbollah
Par Yassine Andaloussi
Dans un geste qualifié d’ »historique », l’émissaire américain Tom Barrack a salué jeudi la décision du Liban de désarmer progressivement le Hezbollah, une organisation politico-militaire soutenue par l’Iran et longtemps considérée comme un État dans l’État.
Dans un message publié sur le réseau social X, M. Barrack a félicité les autorités libanaises pour ce qu’il qualifie de « décision audacieuse et juste », évoquant la mise en œuvre pleine et entière de l’accord de cessation des hostilités signé en novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah. Cet accord, conclu après plusieurs semaines de tensions armées à la frontière sud du Liban, avait été largement soutenu par la communauté internationale, sans toutefois déboucher immédiatement sur des engagements concrets de désarmement.

La déclaration de Barrack intervient dans un contexte régional sensible, alors que les États-Unis multiplient les pressions diplomatiques pour limiter l’influence iranienne dans la région et renforcer la stabilité au Proche-Orient. L’émissaire américain a salué la mise en œuvre de ce qu’il décrit comme « la solution d’une nation, une armée », principe longtemps défendu par Washington, mais rarement appliqué dans la pratique au Liban.
Depuis la fin de la guerre civile libanaise en 1990, le Hezbollah a conservé un arsenal militaire important, justifié par la nécessité de résister à l’occupation israélienne du Sud-Liban, puis aux menaces sécuritaires régionales. Cependant, cette présence armée parallèle a souvent été perçue comme un obstacle à la souveraineté de l’État libanais et à la cohésion de ses institutions militaires.
Le Conseil des ministres libanais aurait, selon des sources diplomatiques, entériné une série de mesures concrètes visant à transférer l’autorité militaire exclusive à l’armée nationale. Ce processus, qui s’annonce délicat, devra se faire sans créer de fracture interne, tant le Hezbollah reste influent dans la vie politique, notamment à travers ses alliances parlementaires et son ancrage social dans certaines régions du pays.
La déclaration de Tom Barrack pourrait également servir de levier pour un appui économique futur à un Liban en crise, en renforçant sa crédibilité sur la scène internationale. Mais les prochains mois seront décisifs. Le processus de désarmement devra être accompagné d’un dialogue national inclusif, afin d’éviter que cette décision historique ne se transforme en nouvelle source de tension interne.
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