Tokyo relance le plus puissant site nucléaire mondial quinze ans après Fukushima
Le Japon remet en service Kashiwazaki-Kariwa, symbole d’un tournant énergétique assumé

LA VÉRITÉ
Après quinze années d’arrêt consécutives à la catastrophe de Fukushima, le Japon engage une étape majeure de sa politique énergétique en relançant la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde en capacité installée. Situé dans le département de Niigata, le site redevient ainsi un pilier potentiel du mix électrique japonais.
l’Opérateur Tokyo Electric Power Company annonce le redémarrage, mercredi après 19 heures (heure locale), de l’un des sept réacteurs de la centrale. Cette remise en service marque le retour progressif de TEPCO à l’exploitation nucléaire, après le triple choc de mars 2011 provoqué par un séisme, un tsunami et un accident nucléaire majeur.
Ensuite, les autorités japonaises justifient cette décision par des considérations stratégiques claires. Le gouvernement cherche à réduire la dépendance structurelle du pays aux énergies fossiles, qui représentent encore près de 70 % de la production électrique nationale. Tokyo vise également la neutralité carbone à l’horizon 2050 et anticipe une hausse durable de la demande en électricité, alimentée notamment par l’essor rapide de l’intelligence artificielle et des technologies numériques.
La relance suscite une contestation locale persistante. Une enquête publiée en septembre indique que 60 % des habitants de la préfecture de Niigata s’opposent à la remise en service de la centrale. Mardi encore, des manifestants se sont rassemblés près de l’entrée du site, malgré des conditions climatiques difficiles, pour exprimer leurs inquiétudes en matière de sécurité et de gouvernance énergétique.
Face à ces critiques, TEPCO met en avant un renforcement substantiel des dispositifs de sûreté. L’opérateur affirme avoir modernisé les systèmes de contrôle et construit une digue anti-tsunami de 15 mètres, destinée à prévenir tout risque lié aux catastrophes naturelles majeures.
Le Japon affiche une ambition assumée : porter la part du nucléaire à 20 % de sa production d’électricité d’ici 2040, contre 8,5 % aujourd’hui. À travers Kashiwazaki-Kariwa, Tokyo assume un choix pragmatique, où sécurité énergétique, transition climatique et acceptabilité sociale s’entrecroisent dans un débat encore loin d’être clos.

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