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Tindouf : Pourquoi le Maroc appelle l’ONU à changer de stratégie budgétaire

Appel de Genève : Le Maroc exige du HCR l'intégration des « solutions durables » au cœur de son budget pour les camps de Tindouf. Près de 90 millions de dollars mobilisés depuis 2021 ont financé un coûteux « régime de maintien » sans empêcher le doublement de la malnutrition. La diplomatie marocaine presse l'instance onusienne de privilégier le retour volontaire, la réinstallation ou l'intégration socio-économique des populations.


Le Maroc a exhorté le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), mercredi 9 septembre 2026 à Genève, à inscrire les solutions durables au cœur de sa planification budgétaire concernant les camps de Tindouf en Algérie. Intervenant lors du Comité permanent de l’agence onusienne, le représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber, a dénoncé un régime de simple maintien coûteux. La diplomatie marocaine demande la mise en œuvre effective des mécanismes prévus par le droit international afin de mettre fin à un statut quo financé depuis plusieurs décennies.

 

Un constat critique sur la gestion des crédits humanitaires

La représentation marocaine remet en question l’efficience des allocations allouées aux camps de Tindouf. Depuis 2021, le HCR a mobilisé près de 90 millions de dollars pour ces zones d’accueil situées en Algérie. L’ambassadeur Omar Zniber souligne que ces financements massifs n’ont pas permis d’améliorer la situation sur le terrain. Durant cette période, le taux de malnutrition a doublé parmi les populations concernées. L’autonomie économique s’est effacée et l’accès à l’emploi demeure interdit aux résidents des camps.

La diplomatie marocaine qualifie ce modèle de dispositif de maintien, jugeant cette approche coûteuse dans un contexte de contraintes budgétaires globales. D’après les déclarations de M. Zniber, ces investissements ne répondent pas aux exigences d’un véritable programme de protection. L’injection continue de fonds sans perspective de résolution entretient une situation prolongée.

 

Les trois options du droit international mises en avant

D’après l’intervention officielle devant l’instance onusienne, le droit international des réfugiés offre trois voies pour résoudre durablement ces crises. La première option repose sur le retour librement consenti des personnes déplacées. L’ambassadeur a rappelé l’appel du Roi Mohammed VI pour un retour dans la dignité, sur une base strictement individuelle, volontaire et sans condition préalable.

Les deux autres mécanismes prévoient la réinstallation dans des pays tiers disposés à y contribuer ainsi que l’intégration socio-économique dans le pays d’accueil, selon le libre choix de chaque individu. Sur le plan politique, la délégation marocaine estime que l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité a consacré l’initiative d’autonomie et ouvert un nouvel horizon.

 

Vers une réorientation budgétaire d’ici 2035

Un ensemble d’États donateurs importants exprime la volonté d’orienter leurs contributions vers des mesures pérennes. Selon le représentant marocain, ces principaux contributeurs souhaitent financer des solutions définitives plutôt que le maintien indéfini des situations de dépendance.

Le Maroc invite ainsi le HCR à consulter les États concernés et les partenaires avant la prochaine session du Comité exécutif. L’organisation onusienne fixe l’objectif de réduire de moitié les situations de déplacement prolongé d’ici l’année 2035. La concrétisation de cette orientation dépend directement des choix d’affectation budgétaire de l’agence internationale.


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