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Thaïlande et Cambodge : un cessez-le-feu pour mettre fin à des affrontements meurtriers

LA VÉRITÉ


La Thaïlande et le Cambodge ont signé ce samedi 27 décembre 2025 un accord de cessez-le-feu à effet immédiat, mettant un terme à vingt jours de combats frontaliers ininterrompus. Cette escalade militaire, qui a inclus des frappes aériennes et des tirs d’artillerie lourde, a fait au moins 101 morts et provoqué le déplacement de près de 700 000 personnes des deux côtés de la frontière.

Ces violences, qualifiées de plus graves entre deux membres de l’ASEAN depuis sa création il y a 58 ans, avaient brisé une trêve fragile négociée en juillet dernier, un accord que le président américain Donald Trump avait alors présenté comme un succès diplomatique personnel.

Un arrêt immédiat des hostilités sous surveillance

La déclaration commune, signée par le ministre thaïlandais de la Défense, Natthaphon Narkphanit, et son homologue cambodgien, Tea Seiha, ordonne la fin des « attaques contre les civils, les infrastructures et les objectifs militaires de part et d’autre de la ligne de démarcation ». Pour éviter toute nouvelle provocation, les deux armées se sont engagées à geler leurs positions actuelles sans procéder à de nouveaux déploiements de troupes.

L’accord prévoit également un mécanisme de surveillance par des observateurs de l’ASEAN et l’établissement de canaux de communication directs entre les chefs des armées. En signe de bonne volonté, Bangkok a annoncé que 18 soldats cambodgiens détenus depuis juillet seraient libérés si le cessez-le-feu est respecté durant 72 heures. « Le peuple thaïlandais et le peuple cambodgien ne sont pas en conflit », a insisté le mariscal de l’air thaïlandais, Prapas Sornjaidee, tentant d’apaiser les tensions.

Un conflit aux racines historiques et aux enjeux internationaux

Les affrontements le long des 817 kilomètres de frontière commune trouvent leur origine dans des litiges hérités de l’époque coloniale française, exacerbés par des interprétations divergentes des cartes géographiques, notamment autour de temples hindouistes historiques revendiqués par les deux nations.

La rupture de la trêve de juillet a mis en lumière les limites de la stratégie diplomatique américaine dans la région. L’accord précédent avait été obtenu sous la menace directe de Donald Trump d’augmenter drastiquement les droits de douane (jusqu’à 49 % pour le Cambodge et 36 % pour la Thaïlande). Cependant, comme l’analyse Thitinan Pongsudhirak, expert à l’Université Chulalongkorn, « la diplomatie tarifaire ne suffira pas cette fois-ci ».

Les observateurs internationaux s’accordent à dire que les prochaines 72 heures seront décisives. Si le calme se maintient, les centaines de milliers de déplacés pourront espérer un retour progressif vers leurs foyers.


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