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Taounate : L’or vert légal remplace la clandestinité

Le Maroc est-il en train de devenir un leader mondial du CBD ? 🇲🇦 La filière légale expliquée en détails !

LA VÉRITÉ


Si vous vous promenez à Taounate aujourd’hui, le paysage a changé. Le 27 septembre 2025, ce n’est plus l’ombre de la clandestinité qui plane sur les collines du nord, mais bien l’éclat d’une nouvelle économie légale et structurée qui prend racine. Les cultures illicites font place à un chantier encadré où coopératives, unités de séchage et projets de transformation redessinent la dynamique locale. En d’autres termes, la filière licite du cannabis n’est plus une promesse, elle est une réalité économique majeure.

 

L’ampleur inédite de la culture sous contrôle

L’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) orchestre cette mutation. Elle gère de près l’expansion de cette nouvelle activité. En effet, les chiffres de l’ANRAC montrent une croissance rapide de la filière. Au niveau national, la surface cultivée a plus que doublé entre 2024 et 2025, atteignant près de 4 751 hectares travaillés par 5 493 agriculteurs, regroupés en 366 coopératives. À Taounate, 2 554 agriculteurs travaillent sur 2 045 hectares, répartis au sein de 114 coopératives. Par ailleurs, l’ANRAC a autorisé l’utilisation de 3 966 quintaux de semences locales « Béldia » en 2025, accordés à 264 coopératives. De même, elle a certifié 6,2 millions de semences de variétés importées. Ces autorisations de plantation et de récolte s’obtiennent après la signature de contrats avec des opérateurs de transformation.

 

La haute technologie au service de l’extraction

Le changement ne s’arrête pas à la culture. L’industrie s’implante, notamment avec de nouvelles infrastructures comme l’unité de séchage de l’entreprise Moroccocanna à Beni Oulid. Cette unité a pour objectif de traiter jusqu’à 300 tonnes de matière première et sera connectée à une unité pharmaceutique. Amine Bouinzal, responsable technique, insiste sur l’importance des standards : « Tout est pensé pour répondre aux normes internationales, de la sécurité sanitaire aux conditions de travail. Nous voulons garantir un produit sûr et conforme ». En outre, des unités de transformation déjà opérationnelles, comme Somacan, misent sur la haute technologie. L’entreprise utilise l’extraction au dioxyde de carbone supercritique, un procédé propre et écologique. Yahya Abdi, ingénieur agroalimentaire, explique que cette méthode permet d’obtenir des extraits d’une très grande pureté, qui peut atteindre 99,6 %. Ainsi, le but est d’isoler des cannabinoïdes, principalement le CBD, pour les intégrer à des produits cosmétiques, des compléments alimentaires ou d’autres filières industrielles.

 

Des revenus stables et la fin de l’économie informelle

L’impact social de cette légalisation se fait sentir directement dans les campagnes. Les familles rurales bénéficient désormais de revenus réguliers, remplaçant l’incertitude de l’économie informelle. Les agriculteurs s’organisent en coopératives, comme Weed Ouargha, qui a pu doubler sa production après avoir signé un contrat avec un opérateur. Yahya, un jeune membre de la coopérative, témoigne de cette transformation positive : « Aujourd’hui j’ai un revenu fixe et je peux prévoir l’avenir ». De plus, cette activité crée des emplois saisonniers pour les semis et les récoltes, ainsi que des postes permanents dans les unités de transformation. Il ajoute : « On sent que les choses bougent et que l’on peut enfin rester ici, sur nos terres, sans penser à partir ». Ces perspectives offrent une chance de retenir les jeunes dans la région et de stabiliser leurs situations financières.

 

Une régulation stricte pour garantir la conformité

L’ANRAC joue un rôle de surveillance essentiel. Elle délivre les autorisations nécessaires à chaque étape, de la culture à l’exportation. En conséquence, 4 003 autorisations ont été délivrées en 2025 au niveau national, marquant une progression de 20 % par rapport à l’année précédente. Cependant, l’Agence veille à ce que les réglementations soient respectées. Elle a réalisé 5 430 opérations de contrôle de conformité durant l’année en cours. En effet, pour ceux qui ne se conforment pas aux dispositions réglementaires, l’ANRAC a retiré un total de 111 autorisations auprès des opérateurs. Ce niveau de contrôle assure la garantie d’un produit sûr et conforme aux normes internationales.

 

La promesse d’une économie durable

La filière légale de transformation du cannabis a remplacé l’ancienne culture clandestine à Taounate, offrant un modèle de développement économique nouveau et encadré. Cette dynamique, pilotée par l’ANRAC, apporte de la stabilité financière et crée des emplois dans une région qui en avait besoin. Les produits issus de cette transformation (78 produits enregistrés, dont des compléments alimentaires et des cosmétiques) trouvent déjà leur place sur le marché. Dès lors, la question n’est plus de savoir si cette transition réussira, mais plutôt comment ce modèle de l’or vert légal continuera-t-il à attirer l’investissement et à transformer durablement l’avenir de l’agriculture marocaine ?


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