Suspension de la campagne de contrôle des motos par Akhannouch

Par Yassine Andaloussi
La campagne de contrôle des motos au Maroc a récemment suscité un vif débat, mettant en lumière les difficultés de régulation d’un secteur en pleine expansion. Initialement pensée pour renforcer la sécurité routière et réguler le parc des deux-roues, la campagne a été suspendue par Akhannouch, une décision qui a relancé le questionnement sur l’efficacité et la transparence des mesures prises. Dans ce contexte, le ministre du transport et de la logistique Abdelssamad Kayouh a demandé des données chiffrées sur le nombre de motos contrôlées, le volume et la nature des infractions, ainsi que les suites données aux contrevenants. Cette démarche vise à disposer d’éléments objectifs pour évaluer l’impact réel des opérations.
Cependant, au-delà des contrôles ponctuels, il semble que la véritable solution réside dans une approche plus structurée et coordonnée. Le marché des motos au Maroc est largement dominé par des modèles importés, notamment chinois, dont les caractéristiques et la puissance varient fortement. Une régulation du marché pourrait ainsi constituer un levier efficace pour améliorer la sécurité routière. Cette régulation passerait par deux axes principaux : premièrement, maintenir sur le marché des motos de petite cylindrée, par exemple 50 cm³, accessibles sans permis spécifique, tout en exigeant pour les modèles plus puissants que l’acquisition soit conditionnée à la possession d’un permis de conduire moto valide. Cette mesure permettrait de responsabiliser les conducteurs dès l’achat et d’assurer que seuls ceux formés et aptes circulent avec des véhicules plus puissants.
Deuxièmement, la mise en place de contrôles aléatoires sur la voie publique resterait indispensable. Ces contrôles permettraient de vérifier le respect des règles, tout en dissuadant les comportements à risque. En combinant régulation du marché et contrôle ponctuel, il serait possible de limiter les dépassements moraux de certains conducteurs qui, par leur imprudence, pénalisent ceux qui respectent la loi. En fin de compte, la sécurité routière ne peut être assurée uniquement par des campagnes temporaires de contrôle ; elle nécessite un cadre global, associant responsabilisation des utilisateurs, régulation des importations et suivi rigoureux sur le terrain.
Une coordination avec les importateurs de motos, pourrait faciliter la mise en œuvre de ces mesures. Ces acteurs ont un rôle clé dans la sélection des modèles vendus et dans la sensibilisation des acheteurs aux obligations légales. En intégrant ces partenaires dans la stratégie de régulation, l’État disposerait d’un levier supplémentaire pour harmoniser l’offre sur le marché avec les exigences de sécurité. Ce dispositif global pourrait constituer une étape majeure vers une circulation plus sûre et mieux encadrée, tout en préservant les droits des usagers respectueux des règles.

Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news