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« Sur les traces d’Odette du Puigaudeau » : l’aventurière des déserts célébrée au musée YSL

Le musée YSL de Marrakech consacre sa première rétrospective nationale à l'exploratrice Odette du Puigaudeau du 3 octobre au 7 mars 2027. Un voyage immersif au cœur des traditions nomades à travers un fonds d'archives photographiques, de manuscrits et de pièces ethnographiques. L'institution marrakchie parachève ainsi son cycle d'expositions dédié aux grandes figures documentaristes du patrimoine saharien.

La Vérité


Le musée Yves Saint Laurent de Marrakech a inauguré, ce vendredi, la toute première exposition organisée au Maroc en l’honneur de l’ethnologue et exploratrice française Odette du Puigaudeau. Ouverte au public du 3 octobre au 7 mars 2027, cette rétrospective met en lumière le parcours d’une chercheuse passionnée par les cultures nomades, qui avait choisi d’établir sa résidence à Rabat durant les trente dernières années de sa vie. À travers la présentation de documents d’archives, d’objets ethnographiques et d’enregistrements inédits, l’institution rend hommage à une figure scientifique pionnière du Sahara et de l’Afrique de l’Ouest.

 

Un hommage national à une ethnologue d’exception

Le musée Yves Saint Laurent de Marrakech marque une étape importante dans la valorisation de la mémoire scientifique régionale. L’établissement accueille l’exposition intitulée « Sur les traces d’Odette du Puigaudeau ». Le vernissage officiel s’est déroulé ce vendredi au sein de l’institution culturel marrakchie. Le public peut accéder au parcours scénographique du 3 octobre au 7 mars 2027.

Cette manifestation culturelle constitue un événement inédit sur le sol national. Il s’agit en effet de la toute première exposition consacrée au Maroc à Odette du Puigaudeau. L’exploratrice française avait fait le choix de s’installer durablement dans le Royaume. Elle y a vécu le dernier tiers de son existence, résidant pendant trente ans dans la capitale.

Cette initiative prolonge une démarche de redécouverte institutionnelle amorcée au cours des dernières années. En 2018, le Centre des études sahariennes de l’Université Mohammed V et le Conseil national des droits de l’Homme lui avaient déjà rendu hommage. Cet événement s’était tenu à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, à Rabat. Les institutions célébraient alors son attachement envers le pays et l’étude des populations nomades.

 

Des arts graphiques aux expéditions sahariennes

Odette du Puigaudeau naît en 1894 à Saint-Nazaire. Elle est la fille du peintre Ferdinand du Puigaudeau. Avant de se consacrer aux recherches ethnologiques, elle exerce plusieurs métiers dans le domaine artistique et de la presse. Elle travaille successivement comme dessinatrice naturaliste, styliste et journaliste.

Son parcours bascule lors de son association avec Marion Sénones, elle-même peintre et journaliste. Ensemble, les deux aventurières sillonnent les zones désertiques durant plusieurs décennies. Leurs travaux de recherche couvrent le Sahara marocain. Leurs expéditions s’étendent également aux territoires du Mali, du Sénégal et du Niger.

Au terme de ces campagnes de terrain, Odette du Puigaudeau fixe sa résidence définitive à Rabat. Elle y poursuit le classement de ses travaux scientifiques jusqu’à son décès survenu dans la capitale marocaine en 1991. Lors de l’inauguration, sa biographe Monique Vérité a rappelé l’importance des témoignages et des échanges qui ont permis de documenter ce parcours scientifique singulier.

 

Une scénographie pluridisciplinaire et immersive

D’après des déclarations du directeur du musée Yves Saint Laurent de Marrakech, Alexis Sornin, cet événement s’inscrit dans un cycle d’expositions thématiques. La série a débuté par un hommage à l’historien de l’art Bert Flint. L’établissement a ensuite présenté un deuxième volet dédié au cartographe et géographe français Théophile-Jean Delaye.

L’exposition consacrée à Odette du Puigaudeau forme ainsi le troisième chapitre de ce projet institutionnel. La scénographie s’appuie sur une mise en dialogue des fonds du musée Pierre Bergé des arts berbères avec plusieurs collections privées prêtées pour l’occasion.

Le parcours rassemble un ensemble documentaire diversifié. Les visiteurs peuvent y observer des photographies, des dessins originaux, des manuscrits ainsi que des objets d’étude ethnographique. Des archives sonores et des extraits de films documentaires viennent compléter la visite pour illustrer l’œuvre scientifique de l’exploratrice.


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