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Succession à l’ONU : La recherche du prochain SG s’ouvre dans un climat de crise multiforme

LA VÉRITÉ


Le processus de désignation du prochain Secrétaire général des Nations Unies est officiellement enclenché. Alors que le second mandat d’Antonio Guterres s’achèvera le 31 décembre 2026, l’Organisation lance la recherche de son successeur dans une conjoncture internationale particulièrement dégradée, marquée par une remise en cause du multilatéralisme, des conflits armés persistants et une crise budgétaire aiguë.

Un profil de « rassembleur » et un appel aux candidatures féminines

Dans une lettre conjointe, la présidence de l’Assemblée générale et celle du Conseil de sécurité ont défini les contours du poste, souvent qualifié de « plus difficile au monde ». Les États membres sont invités à présenter des candidats justifiant de compétences éprouvées en leadership, gestion et relations internationales.

Fait notable, les instances onusiennes encouragent vivement les nominations féminines, soulignant qu’aucune femme n’a dirigé l’Organisation en huit décennies d’existence. Par ailleurs, pour éviter les confusions procédurales observées en 2016, les nouvelles règles stipulent désormais qu’un pays ne peut soutenir qu’un seul candidat. Chaque postulant devra également soumettre une « déclaration de vision » et garantir une transparence totale sur ses sources de financement.

Le défi de la pertinence politique

Au-delà des critères techniques, le futur chef de l’ONU devra affronter une crise de légitimité du système multilatéral. Dans un monde polarisé par les tensions entre grandes puissances et la multiplication des foyers de crise (Ukraine, Gaza, Soudan, tensions en Asie du Sud-Est), la capacité de l’ONU à agir comme médiateur est mise à l’épreuve.

Selon les observateurs, le successeur de M. Guterres devra incarner le rôle d’un « intermédiaire honnête », capable de naviguer entre les intérêts divergents de Washington, Pékin, Moscou et des coalitions émergentes comme les BRICS, afin de restaurer le dialogue diplomatique.

Urgence financière et climatique

Le dossier financier s’annonce tout aussi complexe. L’ONU traverse la crise de liquidités la plus sévère de son histoire, marquée par des retards de paiement de nombreux États membres (seuls 151 sur 193 sont à jour de leurs cotisations). Cette situation a déjà contraint l’administration actuelle à proposer un budget amputé de 15 % et à envisager des réductions d’effectifs. Le futur Secrétaire général devra donc allier vision politique et rigueur gestionnaire.

Sur le front environnemental, la tâche consistera à maintenir la pression diplomatique pour concrétiser les objectifs de l’Accord de Paris, dans un contexte où la transition énergétique mondiale montre des signes d’essoufflement post-COP30.

Vers une candidature latino-américaine ?

Si la rotation géographique n’est pas inscrite dans la Charte, une convention informelle suggère que le poste devrait revenir à un représentant de l’Amérique latine et des Caraïbes, région qui n’a pas occupé cette fonction depuis Javier Pérez de Cuéllar (1991).

Pour l’heure, une seule candidature figure officiellement sur le portail des Nations Unies : celle de l’Argentin Rafael Grossi, actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le processus de sélection comprendra des auditions informelles devant l’Assemblée générale avant la recommandation finale du Conseil de sécurité.


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