Stellantis : Un partenariat Maroc-Espagne synonyme de réussite industrielle
LA VÉRITÉ
Un tournant électrique pour l’usine de Kénitra
Le groupe automobile Stellantis a officialisé un plan stratégique marquant une nouvelle étape dans l’histoire industrielle du Maroc : la production de la version 100 % électrique du Citroën C4 sur le site de Kénitra Automotive City , tandis que l’usine madrilène de Villaverde continuera l’assemblage du modèle thermique. Cette décision positionne le Royaume comme un acteur clé de la transition énergétique dans l’automobile, renforçant son attractivité face aux investissements étrangers.
L’usine de Kénitra, inaugurée en 2019 et déjà réputée pour sa flexibilité technologique, va ainsi accueillir une chaîne de montage dédiée à la mobilité électrique, avec un investissement estimé à 300 millions d’euros . Ce projet bénéficiera du soutien des autorités locales, notamment via le Fonds Hassan II pour l’investissement , et s’aligne sur la vision stratégique 2030 du Maroc, axée sur l’industrie verte et la montée en gamme des exportations.

Un partenariat gagnant-gagnant avec l’Espagne
La collaboration entre les sites marocain et espagnol illustre une complémentarité industrielle rare dans le secteur. Tandis que Kénitra se concentre sur l’électrique, Villaverde (Madrid) maintiendra la production thermique, évitant ainsi des licenciements massifs en Espagne. Cette synergie, saluée par le ministre marocain de l’Industrie, Ryad Mezzour , « démontre que la coopération Sud-Nord peut être mutuellement bénéfique, en combinant les avantages compétitifs du Maroc (coûts réduits, main-d’œuvre qualifiée) avec l’expertise européenne » .
Le patron de Stellantis Maroc, Mohamed El-Khatib , a précisé que cette répartition des tâches garantissait « une continuité de production sans rupture, tout en anticipant la demande mondiale pour les véhicules zéro émission » . Le site de Kénitra, déjà implanté dans l’exportation (80 % de sa production destinée à l’Europe), vise désormais à doubler ses capacités en électrification.
Un coup de boost pour l’écosystème marocain
Cette annonce arrive à un moment crucial pour le secteur automobile national, qui ambitionne de représenter 20 % du PIB industriel d’ici 2030 . La montée en puissance de Kénitra comme hub électrique attire des fournisseurs clés, notamment des spécialistes des batteries et composants électroniques. Le Tangier Tech City , dédié aux technologies vertes, profitera également de cette dynamique, renforçant l’intégration des chaînes de valeur locales.
Sur le plan social, le projet prévoit la création de 1 200 postes directs à Kénitra, portant l’emploi total sur le site à 5 000 salariés . Une aubaine pour une région où le taux de chômage des jeunes reste élevé. Le syndicat UMT a salué « une initiative qui allie développement économique et transition écologique » , tout en appelant à une formation accrue des ouvriers aux nouvelles technologies.
Vers une leadership africain dans l’automobile vert
Le Maroc consolide ainsi son leadership en Afrique dans l’automobile propre, devançant des concurrents comme l’Afrique du Sud ou l’Égypte. Avec ses projets d’usines de batteries lithium-ion et son partenariat avec Renault-Nissan-Mitsubishi , le Royaume ambitionne de produire 500 000 véhicules électriques annuels d’ici 2030 .
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