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Souveraineté alimentaire : l’agriculture marocaine évalue ses acquis pour accélérer sa mutation d’ici 2030

Lancement officiel de l'étude de bilan à mi-parcours de la stratégie « Génération Green » 2020-2030. Une évaluation de terrain pour surmonter le déficit pluviométrique et consolider les acquis sociaux des agriculteurs. Un plan d'accélération stratégique axé sur la sécurisation de l'eau d'irrigation et la modernisation des circuits de distribution.

LA VÉRITÉ


Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a officiellement lancé, vendredi 10 juillet 2026 à Rabat, une étude de bilan à mi-parcours de la stratégie « Génération Green » 2020-2030. Cette initiative, présidée par le ministre Ahmed El Bouari, vise à évaluer les réalisations de la première moitié de la décennie, à identifier les leviers d’accélération et à adapter l’action publique pour renforcer la souveraineté alimentaire du Royaume.

 

Un pilotage stratégique pour la souveraineté alimentaire

Le secteur agricole demeure un pilier central de l’économie marocaine et un garant de la souveraineté alimentaire du pays. Selon le ministre Ahmed El Bouari, l’étude lancée ce vendredi doit permettre de définir une vision de long terme pour une agriculture à la fois plus compétitive, plus créatrice de valeur et plus résiliente face aux chocs extérieurs.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’amélioration continue de l’action publique. L’objectif affiché est de consolider les acquis de la période 2020-2025 tout en ajustant les trajectoires pour la seconde phase de la stratégie, afin de répondre aux Hautes Orientations Royales.

 

Une résilience éprouvée par un contexte de crises

La mise en œuvre de la première phase de « Génération Green » s’est déroulée dans un environnement particulièrement hostile. Le ministre a rappelé que le secteur a dû faire face à une succession d’années de sécheresse, aux répercussions de la crise sanitaire mondiale ainsi qu’aux fortes perturbations des marchés internationaux.

Malgré ces contraintes majeures, les sources indiquent que le secteur a fait preuve d’une forte capacité de résilience. Cette résistance est attribuée à la mobilisation des professionnels et aux programmes d’urgence déployés par le gouvernement. Parmi les résultats positifs enregistrés à ce stade, le ministère souligne le développement des filières agricoles, l’amélioration de l’efficience hydrique et le renforcement de la protection sociale des agriculteurs. Des mesures anticipatives ont également été mises en place pour la reconstitution du cheptel national et l’atténuation des effets du déficit pluviométrique.

 

Les nouveaux leviers de l’accélération à l’horizon 2030

L’étude de bilan ne se contente pas d’un état des lieux, elle doit élaborer un plan d’accélération concret pour les quatre prochaines années. Les priorités identifiées pour cette phase d’accélération touchent l’ensemble de l’écosystème productif.

Les principaux chantiers porteront sur le développement des productions végétales et animales, la mécanisation accrue des exploitations agricoles, la sécurisation de l’eau d’irrigation, point névralgique du secteur, la modernisation des circuits de distribution et de commercialisation et le renforcement des mécanismes de financement et d’investissement.

Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’Agriculture et du Développement rural (COMADER), a précisé que ce bilan est l’occasion d’actualiser la feuille de route sectorielle en capitalisant sur les dynamiques instaurées par les contrats-programmes de 2023.

 

Vers une adaptation proactive aux marchés

L’enjeu de la compétitivité internationale reste au cœur des préoccupations des acteurs privés. Le président de la COMADER a souligné l’importance de s’adapter aux évolutions des besoins en main-d’œuvre et à l’optimisation des coûts des intrants. Pour maintenir des prix accessibles aux consommateurs tout en absorbant les coûts de production élevés, M. Benali préconise de repenser les mécanismes d’investissement pour assurer la continuité de la production.

De son côté, Lahbib Bentaleb, président de la Fédération des Chambres d’Agriculture du Maroc (FECAM), a insisté sur la nécessité de formuler une réponse « vigoureuse » face au défi climatique. Il plaide pour une stratégie priorisant l’approvisionnement du marché intérieur tout en s’ouvrant sur de nouveaux débouchés internationaux. L’objectif final reste l’amélioration des revenus des agriculteurs et la stabilité des populations rurales.

 

Une méthode fondée sur la co-construction

Le lancement de cette étude repose sur une approche participative. Le ministère de l’Agriculture souligne que cette démarche de concertation implique l’ensemble des parties prenantes, des partenaires institutionnels aux professionnels de l’agroalimentaire.

Cette méthode de dialogue et de co-construction vise à garantir que les futures trajectoires de la stratégie « Génération Green » soient en adéquation avec les réalités du terrain. En mobilisant l’ensemble de l’écosystème, le gouvernement espère bâtir une agriculture marocaine plus innovante et durable, capable de soutenir durablement le développement économique du monde rural.


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