[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Sommet UA-UE 2025 : un partenariat renforcé et un rôle clé du Maroc

Par Yassine Andaloussi


Réunis à Luanda les 24 et 25 novembre 2025, les dirigeants de l’Union africaine et de l’Union européenne ont célébré le 25ᵉ anniversaire de leur partenariat en adoptant une déclaration commune ambitieuse centrée sur le développement durable, la paix, la sécurité, la migration, les infrastructures et l’investissement stratégique. Cette rencontre a confirmé la solidité d’un partenariat « unique et stratégique », aligné sur les agendas 2063 de l’UA et 2030 de l’ONU, et a marqué une étape décisive dans la coopération intercontinentale.

Sur le plan économique, les deux unions ont insisté sur l’importance du soutien à l’industrialisation africaine, au renforcement des chaînes de valeur locales et à l’intégration régionale, notamment à travers la mise en œuvre accélérée de la ZLECAf. Les infrastructures demeurent essentielles, tant pour relier les pays africains entre eux que pour connecter durablement l’Afrique à l’Europe. Le corridor de Lobito et le programme Global Gateway ont été mis en avant comme leviers prioritaires. La transition énergétique, quant à elle, occupe une place centrale : les dirigeants visent un accès à une énergie propre pour au moins 100 millions d’Africains d’ici 2030, tout en soutenant les énergies renouvelables, l’électrification rurale et une industrialisation durable.

Le numérique est également présenté comme un moteur de transformation : réduction de la fracture digitale, formation numérique, cybersécurité, innovation régionale et développement d’une IA centrée sur l’humain. L’agriculture, la sécurité alimentaire, l’économie bleue, la biodiversité et la lutte contre la pêche illégale complètent les engagements économiques et environnementaux.

Sur les questions de paix et de sécurité, la déclaration réaffirme le soutien au multilatéralisme et à une approche concertée pour résoudre les crises en Ukraine, en Palestine, au Soudan, au Soudan du Sud, en RDC, au Sahel et en Somalie. Les dirigeants appellent à la cessation des violences, notamment à El-Fasher au Soudan, et au respect du droit humanitaire. La lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic de personnes, d’armes et de ressources naturelles est présentée comme un impératif partagé.

La migration occupe une place particulière, avec une reconnaissance explicite du rôle stratégique du Maroc. Les deux unions affirment que des migrations régulières et bien gérées peuvent devenir un moteur de développement mutuel. Le Maroc, à travers ses institutions migratoires continentales. l’Observatoire africain des migrations, le Centre opérationnel au Soudan et le Centre d’étude au Mali est présenté comme un acteur pivot. Cette dynamique est décrite comme le fruit d’« un arbre dont les racines sont en Afrique et les feuilles en Europe » : un système où la contribution marocaine en matière de gouvernance migratoire rend possible l’équilibre global du partenariat UA-UE. Sans une politique migratoire marocaine efficace, ce cadre de coopération n’aurait pas pu atteindre sa cohérence actuelle.

La déclaration aborde enfin la question du climat, réaffirmant l’engagement des deux continents envers l’Accord de Paris, l’adaptation, la mitigation et l’accès aux mécanismes de financement climatique. Un mécanisme de suivi permanent UA-UE, incluant la société civile, les jeunes et le secteur privé, encadrera la mise en œuvre des engagements, en attendant le prochain sommet prévu à Bruxelles.


À lire aussi
commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]