Solaire : l’autoproduction commence à changer le marché marocain

La Vérité
Trois mois après l’entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire, le marché solaire marocain commence à évoluer. Les entreprises s’intéressent davantage aux installations raccordées au réseau, aux solutions hybrides et aux batteries, avec un objectif très concret : réduire leur facture énergétique.
Le développement de l’« on-grid » marque une évolution importante. Les entreprises peuvent produire une partie de leur électricité tout en restant connectées au réseau pour compléter leurs besoins. Les batteries ajoutent une nouvelle possibilité en permettant de stocker une partie de la production solaire pour la consommer plus tard.
Le nouveau cadre donne également une valeur à l’électricité excédentaire. Pour la période allant du 1er mars 2026 au 28 février 2027, l’ANRE a fixé le tarif de valorisation de cet excédent à 0,21 DH/kWh pendant les heures de pointe et à 0,18 DH/kWh hors pointe. La revente reste toutefois encadrée, avec une limite fixée à 20% de la production annuelle.
Pour l’industrie, le sujet dépasse donc la seule transition énergétique. Dans un contexte de pression sur les coûts, l’autoproduction peut devenir un outil de compétitivité, notamment pour les entreprises fortement consommatrices d’électricité.
Le marché reste toutefois en phase de démarrage. Le niveau des investissements, les conditions de raccordement, la rentabilité du stockage et l’évolution des règles de valorisation de l’excédent détermineront la vitesse de son développement.
Le solaire marocain change ainsi progressivement de logique : il ne s’agit plus seulement d’installer des panneaux, mais de construire un modèle énergétique capable de réduire durablement les coûts des entreprises et de renforcer leur compétitivité.

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