Smart Days: L’impératif des infranstructures
L’Afrique présente des « atouts majeurs » pour réussir sa transformation digitale, mais cette dynamique doit se faire accompagner par le développement des infrastructures locales, a indiqué, mardi 10 avril à Rabat, Rebecca Enonchong, présidente du conseil d’administration d’Afrilabs, un réseau panafricain de plus de 50 centres d’innovation technologique.
« Le continent africain présente des atouts majeurs pour réussir sa transformation digitale, mais les besoins restent importants, notamment en termes d’infrastructures et d’accès aux technologies de l’information », a souligné Mme Enonchong qui s’exprimait à l’occasion de la 2è édition de Smart Days, une conférence dédiée à « La transformation digitale au Maroc et en Afrique ».
La forte percée du mobile, la « relative virginité » de dispositions légales encadrant les technologies et leurs usages et l’appropriation rapide des technologies sont autant d’atouts qui devraient se faire accompagner par le développement des infrastructures locales, la réduction des coûts d’accès à internet et une priorité donnée à la recherche et développement dans le secteur, à l’investissement et au partenariat public- privé, a-telle fait savoir.
Les financements dans le secteur des technologies en Afrique commencent à affluer et de nombreux fonds d’investissement se lancent et se spécialisent dans l’investissement technologique en Afrique, notamment Partech Venture, Greycroft Partners, Savannah, TLCom Capital, a-t-elle poursuivi.
Pour sa part, le digital champion de la France auprès de la Commission européenne, Gilles Babinet a fait remarquer que le monde assiste aujourd’hui à la troisième révolution industrielle, incarnée par la transformation digitale, qui génère d’ »énormes gains » d’opportunités et qui touche plusieurs secteurs à savoir le commerce, le tourisme, l’hôtellerie, l’assurance, les finances et la santé.
« Nous vivons aujourd’hui un moment d’accélération unique », a lancé M. Babinet, notant qu’il a fallu près de 40 ans pour connecter 2,5 milliards de personnes à Internet en 2015, d’où la nécessité de s’adapter à cette transformation.
Il a mis l’accent, à cet égard, sur la nécessité de « changer de posture et de penser différemment la transformation digitale » afin de s’adapter aux changements, précisant que cette nouvelle configuration requiert quelques préalables notamment la conviction réelle du top management d’opérer une rupture anthropologique, la nécessité de former l’ensemble du personnel au digital et la capacité à s’ouvrir pour d’agréger l’ensemble des ressources présentes dans son environnement.
Organisée par Maroc Telecom, sous le thème « la transformation digitale: quels modèles et enjeux pour les entreprises en Afrique? », cette édition a connu la participation d’experts internationaux de renom, chercheurs, entrepreneurs, étudiants, journalistes et d’influenceurs web afin d’échanger sur les grandes tendances digitales mondiales.
Leurs interventions ont été axées essentiellement autour du potentiel africain en matière de transformation digitale, ainsi que des bénéfices que peuvent en tirer à la fois les entreprises, les organismes institutionnels et les particuliers. Les intervenants abordent également les questions d’ordre réglementaire et financier accompagnant cette transformation.
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