Sidi Boughaba : La nature renaît sous l’effet des pluies
Par Maria ZOUBEIR et Arij BELKORCHI.
La réserve biologique de Sidi Boughaba, joyau naturel inestimable, a été revitalisée suite aux récentes précipitations salvatrices qui ont redonné vie à une biodiversité mise à rude épreuve par de longues années de sécheresse.
Située entre les communes de Mehdia et de Sidi Taibi (province de Kénitra), la réserve de Sidi Boughaba accueille une faune d’oiseaux abondante et variée, qui se nourrissent au cœur d’une verdure luxuriante à perte de vue, là où le niveau de l’eau fluctue grâce aux dernières pluies, sculptant des paysages et créant des zones humides vitales pour la biodiversité.
Le lac de Sidi Boughaba, qui s’étend sur quelque 652 hectares, est alimenté plus particulièrement par une nappe phréatique considérée par les spécialistes comme la dernière étendue naturelle d’eau douce de la côte Nord-Ouest, où il n’y a pas de contact avec les eaux océaniques ni avec la nappe souterraine salée.
Une faune revitalisée et pleine de vie
Ainsi, les récentes précipitations ont permis, à la fois, d’insuffler une nouvelle vie aux diverses espèces de cette zone humide, et de réunir les conditions optimales pour leur cycle biologique, explique dans une déclaration à la presse, Bouchra El Asri, chargée du bureau de la biodiversité relevant du service de l’animation territoriale et du partenariat à l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).
La réserve de Sidi Boughaba est aussi l’illustration parfaite de la richesse de la biodiversité du Maroc, caractérisée par une large palette des écosystèmes, notamment forestiers et steppiques, désertiques, agricoles et marins.
Ce site naturel représente ainsi un lieu où la faune aviaire prospère au sein d’une mosaïque de milieux naturels.
Cependant, le fait que cette zone humide soit considérée comme une aire protégée destinée aux aménagements d’accueil du public, entraîne un afflux massif des visiteurs aux abords immédiats du lac, chose qui perturbe sa faune sauvage.
Pour remédier à cette problématique, l’ANEF a fait de la communication et de la sensibilisation du public un axe prioritaire, souligne le chef du centre de protection forestier de Kénitra, Bilal El Yaagoubi.
La jeunesse au cœur de la protection écologique
Ainsi, dans le cadre de la stratégie nationale de développement du domaine forestier « Forêts du Maroc 2020-2030 », en particulier le chantier relatif à l’approche participative, un contrat de gestion conjointe a été signé entre l’ANEF, le Conseil provincial de Kénitra, le Conseil régional de Rabat-Salé-Kénitra et les départements de l’Environnement et du Développement durable.
A cet égard, un partenariat a été conclu avec la coopérative des jeunes de Sidi Boughaba, avec comme objectif d’assurer une meilleure protection de l’environnement, en impliquant la communauté locale dans les opérations de gestion, d’entretien et de valorisation, relève M. El Yaagoubi.
Ce partenariat comprend notamment la gestion des équipements et de l’infrastructure, y compris les parkings, les sentiers d’écotourisme, ainsi que les installations d’accueil et les bancs destinés aux visiteurs de ce site protégé, qui constitue un sanctuaire naturel pour de nombreuses espèces animalières.
Une réserve unique au carrefour des migrations aviaires
En effet, la réserve de Sidi Boughaba a été déclarée « site classé » naturel et culturel en 1951, et inscrite comme site d’importance internationale, particulièrement comme habitat pour les oiseaux d’eau, par la convention de Ramsar signée par le Maroc en 1980.
Cette classification, explique Mme El Asri, repose sur plusieurs facteurs, à savoir l’emplacement de la réserve à la ligne de migration des oiseaux d’eau entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Il s’agit aussi de la diversité des espèces avifaunes et le fait que cette zone abrite les derniers témoins d’une forêt de genévrier rouge, qui joue un rôle écologique important, notamment dans la stabilisation des sables, le lac étant situé entre deux cordons de dunes côtières.
L’importance de la réserve biologique de Sidi Boughaba se manifeste également dans son rôle moteur en tant que site de reproduction et d’hivernage pour des espèces rares ou en voie de disparition, telles que la Sarcelle marbrée et la Foulque à crête.
Au grand bonheur de l’ensemble des espèces animales de la réserve, ainsi que de ses visiteurs assoiffés de verdure, les récentes pluies ont nourri la vie sous toutes ses formes à Sidi Boughaba et contribué significativement au maintien de son équilibre écologique.
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