Venise : la Marocaine Shaden Safieddine Tazi décroche le prix du meilleur court métrage
Avec « Quelques instants de bonheur », la jeune réalisatrice marocaine remporte le Prix Orizzonti du meilleur court métrage de la 83e Mostra de Venise. Un documentaire intime qui raconte, depuis Paris, la guerre au Liban à travers des écrans, des messages vocaux et les échanges avec son père

La Vérité
La création cinématographique marocaine vient de signer une nouvelle performance sur l’une des plus grandes scènes internationales. Shaden Safieddine Tazi a remporté samedi 12 septembre le Prix Orizzonti du meilleur court métrage à la 83e Mostra de Venise pour son film « Quelques instants de bonheur ».
Présenté dans la section Orizzonti, consacrée notamment aux cinéastes émergents et aux nouvelles formes du cinéma, le film s’est distingué parmi les courts métrages de la sélection officielle. Cette récompense place ainsi la réalisatrice marocaine au palmarès de l’un des rendez-vous les plus prestigieux du cinéma mondial.
Un film construit à partir d’un écran
« Quelques instants de bonheur » adopte une forme particulière. Pendant 18 minutes, Shaden Safieddine Tazi raconte la guerre au Liban depuis Paris, où elle se trouve éloignée de son père resté au pays. Le film repose largement sur des captures d’écran, des messages vocaux, des archives personnelles et des conversations téléphoniques.
Le dispositif donne au récit une dimension particulièrement intime. Plutôt que de montrer directement les bombardements et les images de guerre, la réalisatrice choisit de faire entendre les voix et de restituer l’expérience de la distance, de l’attente et de l’inquiétude à travers l’univers numérique.
Le père de la réalisatrice, Nabil Safieddine, apparaît également au générique. Le film est parlé en français, en arabe et en anglais et a été produit par la France, le Royaume-Uni et le Liban.
Une reconnaissance pour une nouvelle génération
Le prix remporté à Venise constitue aussi un signal fort pour une génération de réalisateurs qui utilisent de nouvelles formes narratives pour traiter des événements contemporains.
Avec son choix esthétique, Shaden Safieddine Tazi transforme ainsi une expérience personnelle en récit cinématographique. Le téléphone, les appels et les captures d’écran deviennent les instruments d’un film sur l’éloignement et la guerre, mais aussi sur le lien familial maintenu malgré la distance.
La récompense vénitienne donne une visibilité internationale à cette démarche et confirme l’intérêt des grandes manifestations cinématographiques pour des œuvres capables de renouveler les codes du documentaire.

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