Crise politique au Sénégal : Le président Faye limoge son Premier ministre Ousmane Sonko et dissout le gouvernement
Rupture politique majeure au Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye met fin aux fonctions d'Ousmane Sonko et dissout le gouvernement
LA VÉRITÉ
Le Sénégal bascule dans une profonde zone de turbulences politiques. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement mis fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, et a prononcé la dissolution du gouvernement. Cette annonce majeure, formalisée par un décret présidentiel lu à la télévision publique (RTS) par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, intervient après plusieurs mois de tensions larvées et de divergences stratégiques de plus en plus visibles au sommet de l’État.
Chronique d’une rupture annoncée à l’Assemblée nationale
Le point de rupture définitif a été atteint suite à une audition électrique d’Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale. Face aux députés, le désormais ex-chef du gouvernement avait publiquement assumé ses désaccords avec le chef de l’État, déclarant qu’il n’était pas un Premier ministre « qui obéit aveuglément et accepte tout ». Quelques heures après la publication du décret, Ousmane Sonko a réagi avec détachement sur les réseaux sociaux, affirmant qu’il allait désormais « dormir paisiblement » dans sa résidence de Keur Gorgui, à Dakar.
Les relations entre les deux hommes, alliés historiques de l’opposition, s’étaient considérablement dégradées ces derniers mois. Il y a trois semaines, le président Faye, âgé de 46 ans, avait déjà publiquement averti qu’il n’hésiterait pas à limoger son Premier ministre en cas de rupture de confiance. En attendant la nomination d’un nouvel exécutif dont la date n’a pas encore été précisée, les ministres et secrétaires d’État sortants ont été chargés d’expédier les affaires courantes.
De l’alliance historique à la fracture du binôme du Pastef
Ce limogeage marque un tournant ironique et dramatique pour l’histoire politique récente du Sénégal. En mars 2024, Bassirou Diomaye Faye, alors figure de l’ombre, avait été porté à la présidence de la République en grande partie grâce au soutien d’Ousmane Sonko (51 ans), dont la candidature avait été invalidée par le Conseil constitutionnel suite à une condamnation pour diffamation.
Compagnons de cellule libérés à la faveur d’une loi d’amnistie juste avant le scrutin de 2024, les deux hommes avaient fondé ensemble en 2014 le parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité). Porté par le discours souverainiste, charismatique et anti-système d’Ousmane Sonko, particulièrement populaire auprès de la jeunesse sénégalaise, le Pastef s’était imposé comme la principale force politique du pays. Cette rupture au sommet de l’État ouvre désormais une période d’incertitude quant à l’avenir de la gouvernance et de la stabilité institutionnelle du pays.
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