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Sénégal/CEA: Des statistiques de haute qualité sont essentielles pour mesurer les objectifs nationaux de développement en Afrique

LA VÉRITÉ / MAP


La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la vulnérabilité des systèmes statistiques nationaux africains et souligné la nécessité de transformer et de moderniser les systèmes statistiques nationaux sur le continent.

C’est ce qu’indique un rapport d’étape de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) sur la transformation et la modernisation des systèmes statistiques nationaux en Afrique, présenté lors de la réunion du comité d’experts, en marge de la 54-ème Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique (CoM2022) qui se tient à Diamniadio, près de Dakar, du 11 au 17 mai, avec la participation du Maroc.

Selon le rapport, présenté par Oliver Chinganya, directeur du Centre africain pour la statistique de la CEA, des statistiques de haute qualité sont nécessaires pour prendre des décisions fondées sur des données probantes et pour suivre et évaluer les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs, plans et priorités de développement internationaux, régionaux et nationaux, y compris ceux contenus dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et Agenda 2063.

« Certains pays africains sont coincés dans un cercle vicieux de faible intérêt et de faible demande de statistiques de qualité pour une prise de décision fondée sur des preuves », a déclaré M. Chinganya.

« L’objectif principal de la transformation et de la modernisation est de renforcer la capacité des systèmes statistiques nationaux à répondre efficacement et efficacement aux demandes croissantes d’informations statistiques et à adapter leurs opérations pour répondre aux nouvelles demandes de données qui ne peuvent être anticipées. », a-t-il dit.

 » Le rapport vise à orienter et à coordonner stratégiquement le travail des systèmes statistiques nationaux en Afrique. Cela indique qu’un faible intérêt et une faible demande peuvent entraîner la faiblesse des institutions statistiques dotées de structures de gouvernance médiocres ; des effectifs, des infrastructures et des outils inadéquats ; la faible capacité humaine des producteurs et des utilisateurs de données ; et un manque de mécanismes de coordination et de collaboration au sein des systèmes de données », explique-t-il.

Ces défis, à leur tour, se traduisent par des données de mauvaise qualité, qui renforcent la position initiale de manque d’intérêt et de demande, en particulier au niveau politique.

« Il existe une demande élevée et sans cesse croissante pour que les systèmes statistiques nationaux du monde entier produisent et diffusent des statistiques de haute qualité », a ajouté M. Chinganya.

Il a estimé également que des données de haute qualité sont nécessaires pour suivre les progrès vers la réalisation des objectifs, plans et priorités de développement afin de garantir que personne ne soit laissée pour compte et de répondre aux besoins des utilisateurs. La production et l’utilisation de statistiques, a-t-il affirmé, sont essentielles pour des décisions, des politiques et des plans judicieux qui améliorent le bien-être de la population.

Le rapport de la CEA montre qu’une feuille de route sur la transformation et la modernisation des statistiques officielles en Afrique est en cours de finalisation. Il est structuré autour des piliers de la transformation et de la modernisation et identifie les éléments essentiels de la transformation et de la modernisation des statistiques officielles. Il met en évidence les activités à court et à moyen termes qu’un pays pourrait entreprendre pour créer un système statistique national moderne.

M. Chinganya a déclaré que le programme de travail 2022 de la CEA sur les données et les statistiques est principalement axé sur le soutien aux pays dans la mise en œuvre d’un programme de transformation et de modernisation de leurs systèmes statistiques nationaux. Le programme est soutenu par une subvention d’Eurostat, dans le but de soutenir la modernisation des données administratives et des registres dans les pays africains afin d’améliorer leur utilisation à des fins statistiques. Il renforcera également les capacités nationales de production, de diffusion et d’utilisation des données spatiales et des technologies géospatiales, et contribuera à réduire le déficit de données pour suivre et évaluer les progrès vers la réalisation des objectifs de l’Agenda 2030 et de l’Agenda 2063.

Tout en reconnaissant le travail du groupe africain sur la transformation et la modernisation des statistiques officielles et de ses équipes techniques, M. Chinganya a noté que l’initiative du groupe n’est pas isolée mais plutôt un effort complémentaire taillé sur mesure pour l’Afrique, qui a besoin d’un soutien fort de la part de Gouvernements.

La cérémonie d’ouverture officielle de la 54-ème session de cette conférence sera présidée mardi 16 mai par le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, Président en exercice de l’Union africaine (UA).

Des panélistes chevronnés et de haut niveau issus de gouvernements, d’universités, du secteur privé, ainsi que des gouverneurs de banques centrales d’Afrique et d’ailleurs prennent part à cette rencontre.

Le comité d’experts de la CEA s’est réuni du 11 au 13 mai pour débattre sur des sujets techniques ayant trait au thème de ladite conférence et certaines questions statutaires de la CEA. Un certain nombre d’évènements parallèles seront également organisés les 14 et 15 mai pour aborder des questions liées à la santé, aux infrastructures, à l’éducation, à l’action climatique et à la mobilisation des ressources à l’appui d’une relance inclusive et durable pour les pays africains.

Selon le programme, en marge de cette 54eme conférence, le ministère marocain de l’Economie et des Finances organise ce samedi un Side-event sous le thème: « Les enjeux de la mobilisation du marché des capitaux en faveur du financement de la transition énergétique et durable ».

La Conférence annuelle des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique (CoM) est le plus grand évènement annuel de la CEA et offre aux participants l’occasion de débattre des questions clés sur le développement de l’Afrique et de discuter du rendement du groupe de réflexion dans l’exécution de son mandat.


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