Secteur bancaire : les derniers indicateurs monétaires de Bank Al-Maghrib
Accélération du crédit au secteur non financier à 8,1 % sous l’impulsion des concours au secteur public. Expansion de la masse monétaire de 11,8 % et envolée des dépôts des ménages au-delà des 1 000 MMDH. L’investissement productif en forte progression avec des crédits à l’équipement en hausse de 26,1 %.
LA VÉRITÉ
Le secteur bancaire marocain a affiché une dynamique soutenue au terme des quatre premiers mois de l’année 2026. Selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib (BAM), le crédit bancaire au secteur non financier a progressé de 8,1 % en avril, tandis que la masse monétaire a enregistré un accroissement annuel de 11,8 %. Cette évolution est portée par une forte demande du secteur public, une reprise des investissements en équipement et une hausse constante des dépôts des ménages.
Une accélération marquée du crédit bancaire
À fin avril 2026, l’encours global du crédit bancaire s’est établi à 1 246,8 milliards de dirhams (MMDH), marquant une hausse de 7,8 % par rapport à la même période de l’année précédente. Dans le détail, le crédit au secteur non financier a vu sa croissance s’accélérer pour atteindre 8,1 %, contre 6,3 % en mars.
Cette tendance s’explique principalement par la forte progression des concours au secteur public, qui ont bondi de 28,9 % après une hausse de 18,2 % le mois précédent. Cette poussée recouvre un accroissement des prêts aux administrations locales, malgré une décélération des crédits accordés aux sociétés non financières publiques. Le secteur privé n’est pas en reste avec une progression de 5,3 %, soutenue à la fois par les prêts aux sociétés privées (+6,4 %) et par ceux destinés aux ménages (+3,6 %).
L’investissement productif comme moteur de croissance
L’analyse par objet économique montre une vitalité particulière des crédits à l’équipement, qui ont progressé de 26,1 % en glissement annuel. Pour les seules entreprises non financières privées, l’augmentation de ces crédits spécifiques à l’investissement atteint 14,5 %.
Les autres segments de crédit affichent également des orientations positives :
- Les prêts immobiliers progressent de 3,6 %, incluant une hausse de 7 % pour la promotion immobilière et de 3 % pour l’habitat.
- Les crédits à la consommation augmentent de 4,7 %.
- Les facilités de trésorerie repassent en territoire positif avec une hausse de 1,6 %, après une légère baisse de 0,3 % en mars.
Masse monétaire : une expansion de 11,8 %
La masse monétaire, mesurée par l’agrégat M3, a atteint 2 119,9 MMDH en avril 2026. Son rythme de croissance annuel s’est accéléré à 11,8 %, contre 10 % en mars. D’après Bank Al-Maghrib, cette évolution est le résultat direct de l’accélération du crédit bancaire et de la progression des créances nettes sur l’Administration Centrale, passées de 2,8 % à 10,1 %.
Les composantes de la masse monétaire montrent une préférence marquée pour la liquidité. La circulation de la monnaie fiduciaire a crû de 18,4 %, et les dépôts à vue auprès des banques ont augmenté de 12,2 %. Les placements en titres d’OPCVM monétaires ont également connu un vif succès avec une hausse de 24,1 %. À l’inverse, les comptes à terme subissent une désaffection plus prononcée, affichant une baisse de 2,7 %.
Solidité des dépôts et évolution des taux
Les banques marocaines continuent de drainer une épargne importante. L’encours total des dépôts s’est élevé à 1 376,3 MMDH à fin avril, en hausse annuelle de 9,9 %. Les ménages détiennent la part du lion avec 1 009,5 MMDH (+8,4 %), dont 230,2 MMDH sont le fait des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Les entreprises privées ont, quant à elles, déposé 247,5 MMDH, soit une progression de 13,2 % sur un an.
Sur le marché de l’épargne, Bank Al-Maghrib note une remontée de la rémunération des dépôts à terme (DAT). Le taux à 6 mois a augmenté de 60 points de base pour s’établir à 2,81 %, tandis que le taux à 12 mois a progressé de 5 points de base à 2,78 %. En revanche, le taux minimum de rémunération des comptes d’épargne a été abaissé à 1,61 % pour le premier semestre 2026.
Maîtrise des risques bancaires
Malgré la hausse globale des volumes de crédit, les indicateurs de risque restent sous surveillance. La progression annuelle des créances en souffrance s’est stabilisée à 2,6 % en avril. Le ratio de ces créances par rapport au total du crédit bancaire s’établit à 8,3 %, en légère augmentation par rapport aux 8,2 % enregistrés en mars 2026. Enfin, sur le plan des réserves de change, les avoirs officiels de réserve du pays ont maintenu une croissance solide de 20,3 % en glissement annuel.
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