Ahmed Reda Chami appelle à un dialogue « ouvert, franc et serein »
Après l’adoption d’une résolution du Parlement européen sur les événements de Sebta, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’UE et de l’OTAN, Ahmed Reda Chami, affirme que le texte ne comporte « aucune incrimination ni injonction » à l’égard du Royaume. Rabat dénonce également les lectures qu’il juge déformées du contenu de la résolution et réaffirme sa volonté de privilégier le dialogue avec Bruxelles

La Vérité
La position marocaine est désormais clairement posée. Au lendemain du vote du Parlement européen sur les événements survenus fin juillet à Sebta, Ahmed Reda Chami, ambassadeur du Royaume auprès de l’Union européenne et de l’OTAN, a défendu une lecture du texte différente de certaines interprétations diffusées depuis son adoption.
Dans une déclaration à la MAP, le diplomate marocain a estimé que la résolution « ne comporte aucune incrimination ou injonction à l’endroit du Maroc » et qu’elle ne retient pas les tentatives d’instrumentalisation de la question migratoire. Le texte a été adopté jeudi par 339 voix contre 225, avec 16 abstentions.
Rabat conteste certaines lectures de la résolution
Pour Ahmed Reda Chami, plusieurs amendements qu’il qualifie d’« hostiles » n’ont finalement pas été retenus. Il attribue cette évolution à l’approche qu’il décrit comme « responsable, constructive et sereine » d’une majorité d’eurodéputés, notamment au sein des principales formations politiques du Parlement européen.
L’ambassadeur marocain a également dénoncé des « campagnes de communication et de propagande » qui chercheraient, selon lui, à attribuer à la résolution des positions ou des dispositions qui ne figurent pas dans le texte adopté.
La résolution n’est toutefois pas dépourvue de références à la coopération avec le Maroc. Elle appelle notamment Rabat à assumer ses responsabilités en matière de gestion migratoire et à renforcer la coopération sur les retours et les réadmissions. Elle évoque également l’utilisation de la migration irrégulière comme outil de « guerre hybride » contre l’intégrité territoriale d’un État membre, sans désigner explicitement le Maroc comme responsable de cette instrumentalisation.
Cette distinction est importante pour Rabat : le Royaume considère que le texte adopté ne constitue pas une condamnation directe de sa politique migratoire ni une injonction adressée à ses autorités.
Le Maroc privilégie le dialogue avec Bruxelles
Au-delà de la polémique autour du contenu de la résolution, Ahmed Reda Chami a surtout insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue entre le Maroc et l’Union européenne.
Selon l’ambassadeur, la gestion de la migration ne peut pas se limiter à des réactions ponctuelles. Elle exige un « engagement opérationnel quotidien, un dialogue constant et la recherche de solutions communes et durables ».
C’est dans cette logique qu’il a réaffirmé que « un dialogue ouvert, franc et serein demeure la voie à privilégier » pour relever les défis communs, saisir les opportunités et construire un avenir prospère.
Pour Rabat, le dossier migratoire doit ainsi rester inscrit dans le cadre plus large du partenariat avec l’Union européenne. La coopération quotidienne, les mécanismes de concertation et la recherche de solutions communes constituent, selon la position exprimée par l’ambassadeur, les principaux leviers pour éviter que la crise de Sebta ne se transforme en nouvelle source de tensions entre le Maroc et ses partenaires européens.
La réaction de Rabat intervient alors que le dossier continue également de faire l’objet d’une intense bataille politique et médiatique en Espagne et au niveau européen. Dans ce contexte, le message porté par Ahmed Reda Chami se veut avant tout diplomatique : contester les lectures que le Maroc juge excessives de la résolution, tout en maintenant ouverte la voie du dialogue avec Bruxelles.

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