Santé publique : inspections d’urgence et attentes de réformes
Des commissions ministérielles face à une crise structurelle du système de santé
LA VÉRITÉ
Cette semaine, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a envoyé des commissions d’inspection dans plusieurs hôpitaux et centres de santé du Royaume. Dans un contexte marqué par une contestation croissante des patients et du personnel médical, ces missions visent à évaluer la qualité des services publics et à rétablir la confiance.
Ainsi, les équipes mandatées regroupent des représentants de l’administration centrale et des délégations régionales. Elles ont mené des visites dans les services d’accueil, les urgences et les unités de soins de base. Leur objectif consiste à identifier les carences les plus urgentes : manque de ressources humaines, surcharge de travail, infrastructures vieillissantes et équipements défectueux. Ces inspections se veulent un premier pas vers des solutions immédiates et adaptées.
Un climat de dialogue mais une méfiance persistante
En outre, les commissions ont rencontré les professionnels de santé afin de recueillir leurs revendications. Le ministère affirme vouloir rompre avec la distance administrative en privilégiant la communication directe et la concertation. Toutefois, les syndicats demeurent prudents. Ils redoutent que ces initiatives ne restent limitées à des réponses ponctuelles dictées par la pression sociale, sans déboucher sur des réformes structurelles de fond.
Pour Mustapha Jaa, secrétaire général du Syndicat indépendant des infirmiers, la crise du système de santé dépasse la simple gestion quotidienne. Le déficit en ressources humaines avoisine les 30.000 postes, ce qui oblige médecins et infirmiers à travailler dans des conditions éprouvantes. Le budget national de la santé, fixé à environ 7 % des dépenses publiques, reste loin des 12 % recommandés par l’OMS. Cette réalité se traduit par des ruptures de matériel et des délais d’attente trop longs pour les patients.
La mobilisation de commissions d’inspection illustre la volonté des autorités d’apaiser la colère sociale et de répondre aux attentes pressantes. Mais la réforme du secteur exige une approche globale et durable. À l’image de la gestion de la pandémie de Covid-19, seul un engagement politique fort, associé à la mobilisation conjointe de l’État, des professionnels et de la société civile, permettra d’élever le système de santé marocain au niveau des ambitions nationales.
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