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Sahel : l’escalade armée s’accélère, le JNIM gagne du terrain

Par Yassine Andaloussi


La progression récente des groupes armés affiliés au groupement terroriste JNIM (Jamaat Nusrat Islam Muslimin) au Mali confirme une dynamique sécuritaire de plus en plus préoccupante. La prise, ce matin, d’un poste militaire stratégique illustre non seulement la capacité opérationnelle persistante du groupe, mais aussi sa faculté à exploiter les failles structurelles du dispositif sécuritaire malien, notamment dans les zones septentrionales et centrales du pays.

Cette avancée territoriale s’inscrit dans une stratégie plus large visant à consolider une présence durable dans le nord du Mali, une région caractérisée par son immensité, sa faible densité étatique et son importance géoéconomique. Le contrôle de ces espaces ne répond pas uniquement à des objectifs idéologiques ou militaires, mais relève également d’un calcul économique précis. Les ressources naturelles, qu’il s’agisse de l’or, des routes de trafic ou des zones de transit stratégiques, constituent un levier essentiel pour le financement et la pérennisation de l’influence du groupe.

Dans ce contexte, le Sahel dans son ensemble semble s’acheminer vers une intensité armée sans précédent. La multiplication des fronts, l’extension géographique des affrontements et la montée en puissance des capacités des groupes armés laissent entrevoir une phase de conflictualité accrue, marquée par une concurrence violente pour le contrôle des territoires, des populations et des ressources stratégiques.

Cette dégradation sécuritaire régionale ouvre également de nouvelles marges de manœuvre à certains acteurs périphériques, dont le Front Polisario. L’extension des zones grises, la porosité accrue des frontières sahélo-sahariennes et la saturation des agendas sécuritaires régionaux créent un environnement plus permissif, dans lequel ces acteurs peuvent renforcer leur mobilité, diversifier leurs réseaux et accroître leur visibilité politique et stratégique.

Dans un Sahel sous haute tension, l’attention prioritaire accordée à la lutte contre les groupes armés jihadistes tend à reléguer d’autres dossiers sécuritaires au second plan. Cette reconfiguration des priorités offre indirectement au Polisario des opportunités pour élargir ses marges d’action logistiques, tout en capitalisant sur l’instabilité régionale pour tenter de repositionner sa cause dans un environ de tension tous azimuts.

Ainsi, l’évolution de la menace au Mali dépasse largement le cadre national. Elle participe à une recomposition profonde des équilibres sécuritaires sahélo-sahariens, où l’intensification armée, loin d’être un phénomène isolé, agit comme un multiplicateur de risques, susceptible d’affecter durablement la stabilité régionale et les rapports de force existants.


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