Sahara : Une dynamique internationale irréversible
LA VÉRITÉ
En moins de deux ans, une nouvelle ère s’est imposée sur la scène diplomatique autour de la question du Sahara, avec un basculement désormais irréversible dans la reconnaissance de la souveraineté marocaine. Depuis le début de l’année 2024 et tout au long de 2025, le Royaume a enregistré une série d’avancées diplomatiques sans précédent, confirmant la centralité du plan d’autonomie comme seule voie politique sérieuse, crédible et réaliste. Cette dynamique, portée par une stratégie royale à la fois constante et patiemment calibrée, ne relève plus d’un simple alignement tactique ou d’un soutien ponctuel. Elle exprime une consolidation en profondeur du positionnement du Maroc dans les équilibres régionaux et multilatéraux.
La reconnaissance historique du Royaume-Uni, formulée officiellement devant le Parlement britannique en juin 2025, a constitué un tournant majeur au sein même du Conseil de sécurité. En annonçant son appui au plan d’autonomie marocain, Londres a mis fin à une longue posture de neutralité passive, rejoignant ainsi Washington, Madrid, Berlin, La Haye et de nombreux autres partenaires européens. Ce réalignement britannique a été précédé et suivi d’une série de prises de position stratégiques : du côté de l’Europe, l’Italie et la Belgique ont exprimé un appui clair et réitéré, tandis que la Roumanie, la Hongrie, Chypre et la République tchèque ont formalisé leur soutien de manière plus explicite au sein des instances européennes. Sur le continent américain, le Panama a franchi une étape supplémentaire en notifiant aux Nations unies sa reconnaissance formelle de la marocanité du Sahara, avec une lettre officielle adressée au Secrétaire général. Cette initiative juridique, inédite par sa formulation, ancre le soutien panaméen dans une dynamique multilatérale assumée, contrairement à d’autres pays qui se limitent à des communiqués politiques bilatéraux.
Dans le monde arabe, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Bahreïn, la Jordanie et le Koweït maintiennent un soutien ferme et constant à l’intégrité territoriale du Maroc. L’organisation de la réunion ministérielle arabe à Marrakech, en mai 2025, a permis de réaffirmer collectivement cette position, dans un contexte régional marqué par les tensions croissantes en Méditerranée orientale et dans la mer Rouge. En Afrique, la percée diplomatique du Maroc s’est traduite par le soutien renouvelé de plusieurs pays clés, dont le Togo, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Gabon, le Cameroun et le Bénin. Le rétablissement des relations diplomatiques avec la Somalie et le soutien explicite de Djibouti à la position marocaine ont renforcé l’ancrage du Royaume sur la façade est du continent. La récente reconfiguration des relations entre le Maroc et le Kenya, après le départ du président William Ruto, laisse toutefois planer une incertitude sur la pérennité de certains appuis, ce qui rappelle que la bataille diplomatique reste un exercice d’équilibre permanent.
La participation de la Princesse Lalla Hasnaa, au nom du Souverain, au Sommet de Nice sur l’Atlantique, en juillet 2025, a constitué un signal fort du rôle central que joue désormais le Maroc dans la géopolitique régionale. Ce sommet, marqué par la présence de plusieurs chefs d’État d’Afrique de l’Ouest et du Golfe de Guinée, a permis d’inscrire la question du Sahara dans une perspective plus large de coopération atlantique Sud-Sud, adossée à la stabilité régionale et à la sécurité maritime. En s’imposant comme un acteur pivot dans les connexions entre le nord et le sud de l’Atlantique, le Maroc ancre davantage sa cause nationale dans une grille de lecture stratégique globale.
Dans ce nouveau paysage diplomatique, le plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007 s’est imposé comme l’unique cadre politique réaliste, soutenu aujourd’hui par une majorité d’États membres des Nations unies. Ce basculement est renforcé par l’épuisement diplomatique du front adverse, dont les relais traditionnels en Amérique latine et en Afrique australe connaissent un net recul. La doctrine marocaine, fondée sur le respect de la légalité internationale, le développement territorial et l’ouverture au dialogue, continue de convaincre par sa cohérence et sa constance.
La dynamique est désormais claire. Il ne s’agit plus seulement de défendre une position historique, mais de consolider une souveraineté reconnue de fait et de plus en plus de jure. Le Sahara n’est plus un dossier diplomatique figé. Il est devenu un levier de rayonnement, un facteur de stabilité régionale et une composante stratégique du Maroc dans la mondialisation.
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