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  • Dernière mise à jour: 04 décembre à 18:38

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  • 14 novembre 2019  à 16:16
  • Temps de lecture: 5 minutes
  • SPORTSahara marocain: Dakhla, du poste militaire au « spot » de kitesurf

    Sahara marocain: Dakhla, du poste militaire au « spot » de kitesurf
    Sahara marocain: Dakhla, du poste militaire au "spot" de kitesurf

    Des nuées de kitesurfs déploient leurs ailes sur le lagon de Dakhla : la ville de garnison située sur une côte battue par les vents est devenue un « spot » de choix pour les amateurs de glisse.

    « Ici, il n’y a rien, à part le soleil, le vent et les vagues : on a retourné l’adversité des éléments en avantages, c’est le principe même du kitesurf », sourit Rachid Roussafi. Après une carrière internationale dans la glisse, ce sportif marocain de 49 ans a fondé le premier camp touristique du lagon au début des années 2000.

    « A l’époque, un seul avion par semaine se posait à Dakhla », contre 25 aujourd’hui, dont deux directs avec l’Europe, souligne-t-il.
    « Dakhla est devenue une destination mondiale de kitesurf », se félicite Mohamed Cherif, un élu de l’instance régionale. Le nombre de touristes est passé de 25.000 en 2010 à 100.000 aujourd’hui et l’objectif est « d’atteindre 200.000 ».

    Le kitesurf exigeant un matériel coûteux – à la planche de surf s’ajoutent aile et baudrier -, le tourisme de niche développé autour de ce sport draine une clientèle aisée de toutes nationalités vers ce territoire toujours en attente d’un statut international.

    Peyo Camillade est venu de France afin de « prolonger la saison au soleil », pour une semaine qui lui revient à environ 1.500 euros.
    Seuls les noms de lieu comme le « PK 25 » (point kilométrique 25), les fortins en ruine ou les imposants bâtiments militaires de Dakhla rappellent le conflit armé qui a opposé jusqu’en 1991 le Maroc et le Front Polisario pour le contrôle du Sahara, territoire désertique de 266.000 km2 situé au bord de l’Atlantique.

    Sans attendre le compromis que les Nations unies négocient depuis des décennies, les hôtels ont poussé sur le sable le long de la route nationale 1, qui va du port de Tanger à 2.000 km au nord jusqu’à la frontière mauritanienne à 350 km au sud.

    Partout, des bâtiments en chantier fleurissent et des rangées de lampadaires plantés sur des terrains vagues annoncent de futurs lotissements.

    « Le secret de la réussite, c’est le développement du kitesurf avec une bonne communication axée sur l’organisation d’évènements non politiques », selon Driss Senoussi, patron du groupe hôtelier « Dakhla Attitude ».

    Ainsi, les exploits de champions comme la Brésilienne Mikaili Sol ou le Cap-Verdien Airton Cozzolino ont été abondamment relayés sur les réseaux sociaux lors de l’étape annuelle du championnat du monde organisée du 4 au 13 octobre.

    Cette stratégie n’est pas nouvelle: « l’armée marocaine a commencé à inviter des surfeurs étrangers à Dakhla dans les années 1980, dès que la ligne de front s’est déplacée vers le sud, pour montrer que la zone était sécurisée », se souvient Jean-Pierre, 80 ans, un ancien membre du club de Rabat qui a participé à plusieurs de ces événements.

    Les sports de glisse passionnent peu les habitants de l’ancienne garnison espagnole : seuls quelques jeunes désoeuvrés et familles en promenade se trouvaient sur la plage pour les finales du « Kitesurf world tour 2019 ».

    De leur côté, les touristes arpentent peu le centre de la ville de 100.000 habitants, tournée vers la pêche, le commerce et le tourisme. Comme beaucoup, Alexandra Paterek, une hôtesse de l’air polonaise de 31 ans, reste dans son complexe hôtelier pour profiter du « meilleur spot du monde pour les débutants en kitesurf ».

    Que sait-elle d’autre sur la région ? « C’est une ancienne colonie espagnole, les fruits de mer sont excellents et nous sommes près de la Mauritanie ! », énumère-t-elle en riant. Elle pense aussi que Dakhla fait partie du Maroc.

    Cette légitimation de la présence marocaine ulcère les séparatistes qui ont essayé l’an dernier, sans résultat, de poursuivre en justice les entreprises « complices de la puissance militaire occupante », comme la compagnie aérienne Transavia, filiale d’Air-France, ou l’organisateur de séjours sportifs UCPA qui commercialise la destination « Dakhla, Maroc ».

    Débouté de ses plaintes pour « crime de colonisation », le mouvement séparatiste se consacre désormais à la dénonciation des accords commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne qui incluent le Sahara, selon son avocat français, Me Gilles Devers.

    Les autorités marocaines, elles, cherchent activement des investisseurs pour leurs projets de développement, le plus ambitieux étant le méga port de « Dakhla Atlantique », avec un budget d’environ un milliard de dollars pour valoriser la pêche maritime.

    Sur le lagon, « il y a une lutte entre le développement de l’aquaculture et le tourisme, l’un a moins d’impact sur l’environnement mais l’autre génère plus de revenus et d’emplois », relève un haut responsable régional.
    Avec l’afflux de touristes, la protection de l’environnement est devenu un sujet majeur.

    « On s’est installé dans un endroit vierge », souligne Rachid Roussafi. « Tout s’est développé tellement vite, aujourd’hui, il faut traiter les déchets plastiques et résoudre la question des eaux usées ».

    AFP

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