Sahara : Joe Wilson renouvelle son appel à désigner le Polisario comme organisation terroriste
Après sa rencontre avec Bourita, Joe Wilson réclame la désignation du Polisario comme organisation terroriste. Un appel politique, sans décision annoncée

La Vérité
Après un entretien avec Nasser Bourita, le représentant américain Joe Wilson réclame de nouveau la désignation du Polisario comme organisation terroriste. Il réaffirme également son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara. Cette prise de position prolonge son engagement au Congrès, sans constituer une décision officielle de l’administration américaine.
Dans une publication diffusée lundi 21 septembre sur X, Joe Wilson annonce avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita. Le parlementaire républicain de Caroline du Sud évoque les liens durables entre Rabat et Washington. Il indique également avoir abordé la souveraineté marocaine sur le Sahara et son appel à classer le Polisario parmi les organisations terroristes.
Au-delà du message d’amitié, cette intervention confirme la place du dossier dans les échanges entre la diplomatie marocaine et ses interlocuteurs américains. Elle remet aussi en lumière une initiative que Wilson défend depuis plusieurs mois sur le terrain législatif.
Une démarche engagée au Congrès dès 2025
Dès le 24 juin 2025, Joe Wilson a présenté le projet H.R. 4119, intitulé Polisario Front Terrorist Designation Act. Le démocrate Jimmy Panetta l’accompagnait lors du dépôt. Cette initiative rassemble donc, dès son lancement, des représentants des deux grands partis américains.
Concrètement, le texte prévoit de demander au secrétaire d’État une évaluation des critères permettant une désignation du Polisario comme organisation terroriste étrangère. Dans sa version déposée, il fixe cette échéance à 90 jours après une éventuelle promulgation.
Par ailleurs, le projet prévoit un rapport sur les dirigeants du mouvement, ses activités militaires et ses soutiens extérieurs. Il demande notamment d’examiner ses relations avec l’Iran et la Russie. Ces dispositions décrivent le travail d’évaluation souhaité par les promoteurs du texte ; elles ne constituent pas, à elles seules, une conclusion administrative américaine.
La désignation du Polisario relève d’une procédure précise
Sur le plan juridique, un parlementaire peut défendre une telle mesure et proposer une loi. Il ne peut toutefois pas prononcer lui-même une désignation au nom des États-Unis.
En effet, le droit américain confie cette compétence au secrétaire d’État, en consultation avec les responsables du Trésor et de la Justice. La procédure exige notamment l’examen des activités de l’organisation et de la menace qu’elles représentent pour les ressortissants ou la sécurité nationale des États-Unis.
Ensuite, elle prévoit une notification au Congrès, puis une publication au Federal Register, le journal officiel fédéral. Ces étapes permettent de distinguer une demande politique d’un acte produisant des effets juridiques.
Un appui politique à la position marocaine
Pour Rabat, la portée de cette déclaration tient d’abord au soutien que Wilson réaffirme sur le Sahara. Elle montre également que le parlementaire continue d’associer ce dossier aux préoccupations sécuritaires qu’il souhaite porter devant les institutions américaines.
Dans cette perspective, son échange avec Bourita peut se lire comme un signe de continuité dans son engagement. Le dépôt d’un texte avec un élu démocrate donne à cette démarche une dimension dépassant sa seule famille politique. Il ne permet cependant pas de présumer la position de l’ensemble du Congrès ni l’issue du processus.
À ce stade, la déclaration du 21 septembre renouvelle donc une demande. Elle n’annonce ni l’adoption d’une loi ni une désignation officielle du Polisario. L’enjeu sera désormais de suivre les suites institutionnelles de cette initiative, au-delà de sa portée diplomatique immédiate.

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