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La Grèce juge le plan marocain d’autonomie « sérieux et crédible »

À Athènes, le ministre grec des Affaires étrangères George Gerapetritis a estimé que la proposition marocaine pourrait constituer « la solution la plus réalisable » au règlement du différend du Sahara. Une prise de position qui intervient alors que la Grèce siège au Conseil de sécurité des Nations unies


Le message venu d’Athènes présente une portée particulière en raison de la position actuelle de la Grèce au sein des Nations unies. Membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2025-2026, le pays doit quitter cette instance à la fin de l’année. Son chef de la diplomatie, George Gerapetritis, a réaffirmé lundi 7 septembre le soutien de son pays aux efforts de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, sur la base de la proposition marocaine d’autonomie.

À l’issue de son entretien avec Nasser Bourita, le ministre grec a qualifié le plan marocain de contribution « sérieuse et crédible » au processus politique conduit sous l’égide des Nations unies. Il a également estimé que cette proposition « pourrait constituer la solution la plus réalisable » pour parvenir à un règlement définitif du différend.

Surtout, George Gerapetritis a inscrit cette position dans le cadre de la dynamique onusienne actuelle. Il a déclaré que la Grèce soutenait pleinement les efforts de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU afin de conduire des négociations fondées sur la proposition marocaine d’autonomie, avec l’objectif d’aboutir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable.

Cette déclaration intervient dans un contexte diplomatique marqué par l’évolution de la position européenne sur le dossier. Le 29 janvier 2026, le Maroc et l’Union européenne avaient réaffirmé, dans le cadre du Conseil d’association Maroc-UE, leur soutien au processus politique conduit sous l’égide des Nations unies. Le communiqué conjoint avait notamment souligné qu’une autonomie véritable pouvait représenter l’une des solutions les plus réalisables.

Par ailleurs, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, avait repris cette lecture lors de sa visite à Rabat en avril, en appelant les parties à avancer dans les négociations sans conditions préalables.

Une position grecque dans la ligne européenne

Ainsi, la déclaration grecque s’inscrit dans une tendance plus large au sein de l’Union européenne. Plusieurs capitales européennes ont progressivement exprimé leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie depuis ces dernières années, tandis que Bruxelles a renforcé son langage sur la recherche d’une solution politique réaliste et durable.

La France avait notamment franchi un cap important en juillet 2024, lorsque le président Emmanuel Macron avait affirmé, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI, que le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivaient dans le cadre de la souveraineté marocaine. Cette position avait ensuite été confirmée lors de la visite d’État du président français au Maroc en octobre de la même année. Cependant, le cas grec présente une particularité institutionnelle : Athènes siège encore au Conseil de sécurité. Sa déclaration intervient donc alors que le dossier du Sahara demeure suivi au sein de cette instance, qui constitue l’un des principaux cadres internationaux du processus politique.

Pour Rabat, l’intérêt de cette prise de position dépasse ainsi le seul rapprochement bilatéral avec la Grèce. Elle intervient dans un contexte où le Maroc cherche à consolider le soutien international à son initiative d’autonomie comme base de négociation sous l’égide des Nations unies. Au-delà des déclarations nationales, le véritable enjeu reste désormais la traduction de ces évolutions diplomatiques dans le processus onusien. Pour le Maroc, la multiplication des soutiens à son initiative renforce sa lecture selon laquelle l’autonomie constitue la voie la plus réaliste pour parvenir à une solution politique.

La déclaration d’Athènes constitue donc un nouveau signal diplomatique, avec une particularité : il émane d’un pays qui exerce encore, jusqu’à la fin de 2026, les responsabilités liées à son mandat au Conseil de sécurité.


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