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Ruben Östlund: Un bon film, c’est le dilemme!

LA VÉRITÉ / MAP


“Qu’aurais-je pu faire si j’étais à sa place ?” : la question récurrente que se pose le réalisateur et scénariste suédois Ruben Östlund pour formuler son dilemme, une étape indispensable pour la conception de ses films.

“J’ai toujours été intéressé par la sociologie, qui, au lieu de culpabiliser l’individu tout en pensant à son comportement, te laisse penser au contexte qui génère ce comportement”, a soutenu ce réalisateur talentueux, qui était invité, vendredi, du programme “In Conversation with…”, dans le cadre de la 19è édition du Festival international du Film de Marrakech placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI.

Abordant l’importance qu’il accorde aux sujets d’ordre social et comportemental, Ruben Östlund, double lauréat de la Palme d’or au Festival de Cannes, a indiqué qu’il aime “casser les contrats sociaux pour savoir ce qui peut arriver”. Il s’agit pour lui de faire sortir le personnage de sa zone de confort et ébranler la conception simpliste de l’être humain, un moment fort pour tester la réaction des spectateurs face à cette situation provocante.

Citant dans ce sens l’exemple de son film “involontaire” qui met l’accent sur la peur de perdre des contacts sociaux, M. Östlund estime que la notion de la “honte” vient principalement de la crainte de la solitude et de l’exclusion sociale, soulignant le rôle des films dans la transmission du quotidien vécu dans chaque société.

Évoquant sa méthodologie de travail, le réalisateur a mis en exergue l’importance de la collaboration dans la réussite de chaque projet.

“Je reste transparent et j’explique à mon équipe de manière claire le résultat que je cherche à avoir, tout en leur laissant la possibilité d’exprimer leur opinion”, a-t-il fait savoir, mettant en relief l’importance de l’improvisation pour arriver à l’excellence.

“Je veux que les acteurs soient libres et non pas artificiels, et l’improvisation, qui fait partie de l’écriture, nous aide à arriver à cela et tomber sur quelque chose d’excellent”, a-t-il dit.

Né en 1974, Ruben Östlund étudie à l’Université de Göteborg.

Son premier long métrage, “The Guitar Mongoloid” (2005), remporte le Prix Fipresci au Festival International du Film de Moscou. Tous les films qu’il réalise par la suite sont en première mondiale à Cannes, en commençant par “Happy Sweden”, présenté à Un Certain Regard 2008.

En 2010, il remporte l’Ours d’or à la Berlinale pour son court métrage “Incident bancaire”, un projet qui lui permet de tester des techniques et des styles qui marqueront son long métrage suivant, “Play” (Quinzaine des Réalisateurs, 2011) qui obtient le Nordic Council Film Prize.

Il revient à Un Certain Regard avec “Snow Therapy” (2014), récompensé par le Prix du Jury, et sélectionné pour les Oscars. The Square (2017), en compétition officielle au Festival de Cannes, remporte la Palme d’or, tout comme “Sans Filtre”, sorti en 2022.

Faisant partie des activités de la 19è édition du Festival international du Film de Marrakech qui se poursuit jusqu’au 19 novembre, la section “In Conversation with…” ouvre un espace de discussion entre le public et les personnalités les plus passionnantes du cinéma mondial, venues partager leur vision et leur pratique du cinéma, entre démonstrations brillantes et anecdotes savoureuses.


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