Rome resserre les conditions d’obtention de la nationalité italienne
Vers une citoyenneté plus exigeante
LA VÉRITÉ
Le gouvernement italien a adopté une réforme majeure durcissant les règles d’obtention de la nationalité, notamment pour les descendants d’Italiens nés à l’étranger. Cette mesure vise à encadrer davantage les demandes tout en renforçant les liens concrets entre les candidats et l’Italie.
Un cadre légal plus restrictif
La nouvelle législation impose désormais des conditions plus strictes pour bénéficier de la citoyenneté italienne. Dorénavant, seuls les descendants directs – enfants ou petits-enfants – d’Italiens nés dans le pays obtiendront automatiquement la nationalité. Ce changement marque une rupture avec les pratiques antérieures qui permettaient aux générations plus éloignées de prétendre à la citoyenneté sans preuves tangibles de lien avec l’Italie.
Les enfants d’Italiens résidant à l’étranger devront également démontrer un attachement actif au pays. Par exemple, ils acquerront automatiquement la citoyenneté uniquement s’ils naissent sur le territoire italien ou si l’un de leurs parents y a résidé pendant au moins deux années consécutives avant leur naissance. Cette exigence exclut de fait les Italiens expatriés qui ne maintiennent pas de liens réguliers avec leur pays d’origine.
Des mesures pour éviter les abus
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par une hausse exponentielle des demandes de nationalité au cours de la dernière décennie. Entre 2015 et 2025, le nombre d’Italiens résidant à l’étranger est passé de 4,6 à 6,2 millions, alimentant des inquiétudes autour de la gestion administrative et judiciaire des dossiers. Les autorités souhaitent ainsi désengorger les tribunaux et limiter les abus potentiels, notamment la commercialisation frauduleuse de passeports italiens.
Le ministère des Affaires étrangères précise que cette réforme n’est pas rétroactive. Toutes les personnes ayant déjà obtenu la nationalité via une reconnaissance officielle conservent leur statut. En revanche, les futurs demandeurs devront justifier de liens réels et continus avec l’Italie. Parmi les actions attendues figurent le vote lors des élections nationales, le renouvellement périodique des documents d’identité (passeport ou carte d’identité), ainsi que la mise à jour régulière des registres d’état civil.
Une réforme symbolique et stratégique
Pour Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères, cette réforme constitue une étape cruciale dans la modernisation du système de citoyenneté. « Elle vise à renforcer le lien entre ceux qui aspirent à devenir citoyens italiens et notre pays », explique-t-il. Toutefois, il rassure : le principe du droit du sang (*ius sanguinis*) reste inchangé, garantissant aux descendants directs d’émigrés la possibilité d’acquérir la nationalité sous certaines conditions.
Cette initiative s’inscrit également dans une volonté politique plus large de valoriser la diaspora italienne tout en prévenant toute instrumentalisation de la nationalité. Le gouvernement entend ainsi promouvoir une citoyenneté active, fondée sur un engagement tangible envers les institutions et la société italiennes.
Perspectives pour les futurs citoyens
À long terme, ces nouvelles dispositions pourraient redessiner les contours de la communauté italienne à l’étranger. En imposant des obligations concrètes, Rome souhaite encourager ses ressortissants expatriés à rester connectés à leur culture et à leurs racines. Cependant, certains observateurs soulignent que ces mesures pourraient complexifier l’accès à la nationalité pour des milliers de descendants d’émigrés, notamment ceux dont les liens avec l’Italie sont historiques mais distants.
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