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Istiqlal, RNI, PAM : entre bilan commun et offensive électorale

À quelques jours du lancement officiel de la campagne, le RNI, le PAM et l’Istiqlal abordent les législatives du 23 septembre avec un bilan gouvernemental partagé, mais des ambitions électorales de plus en plus distinctes. Le meeting du PAM à Dakhla illustre cette nouvelle phase de la compétition

La Vérité


Depuis 2021, le RNI, le PAM et l’Istiqlal gouvernent au sein de la même majorité. Constituée après les législatives de septembre de cette année-là, cette coalition avait réuni trois formations arrivées en tête du scrutin. Près de cinq ans plus tard, les trois partis retournent devant les électeurs dans une situation différente : ils doivent désormais défendre leur participation au même exécutif tout en cherchant chacun à renforcer son propre poids politique.

Cette contradiction apparaît de plus en plus clairement à mesure que le scrutin approche. Le RNI, qui dirige le gouvernement, porte naturellement la responsabilité principale du bilan de la législature. Le PAM et l’Istiqlal peuvent eux aussi revendiquer leur part dans les réformes engagées, mais ils doivent parallèlement convaincre les électeurs de leur propre capacité à influencer la prochaine étape.

Le meeting du PAM organisé à Dakhla ce week-end a donné une illustration particulièrement nette de cette stratégie. Fouzi Lekjaa y a adopté un ton offensif, dénonçant notamment le « partage du butin » et les conflits d’intérêts au sein du gouvernement sortant.

Le responsable du PAM a également promis de « changer le cours de l’action gouvernementale actuelle », en mettant en avant des préoccupations comme le pouvoir d’achat, la jeunesse et l’équité.

Le message est politiquement significatif. Le PAM fait partie de la majorité qui a porté l’action gouvernementale depuis 2021, mais cherche désormais à apparaître comme une force capable de corriger certaines pratiques et d’imprimer une nouvelle orientation. Il ne s’agit donc pas d’un simple rejet du bilan commun, mais d’une tentative de se différencier à l’intérieur même de l’expérience gouvernementale qu’il a contribué à mener.

Le RNI se trouve dans une position différente. Arrivé en tête des élections de 2021 avec 102 sièges, contre 87 pour le PAM et 81 pour l’Istiqlal, il a assumé la direction de l’exécutif autour d’Aziz Akhannouch. Cette position lui permet de mettre en avant les principales réformes engagées au cours de la législature, notamment dans le domaine de la protection sociale et des aides directes aux ménages. Elle l’expose aussi davantage au jugement des électeurs sur les résultats concrets de l’action gouvernementale.

L’Istiqlal, troisième composante de la majorité en 2021, aborde lui aussi le scrutin avec la volonté de renforcer son poids. Son ancrage historique, son réseau militant et la visibilité de Nizar Baraka sur plusieurs dossiers gouvernementaux constituent ses principaux atouts. Comme le RNI et le PAM, le parti doit toutefois transformer cette présence au gouvernement en capital électoral.

La compétition ne porte donc pas uniquement sur les programmes ou les slogans. Elle concerne aussi le rapport de forces qui émergera des urnes. Les trois formations ont intérêt à progresser ou, au minimum, à préserver leur poids pour pouvoir peser dans la formation de la prochaine majorité et dans la définition de ses priorités.

Cette bataille intervient à quelques jours du lancement officiel de la campagne, le 10 septembre. Les trois partis disposent donc encore de quelques jours pour préciser leur discours et expliquer aux électeurs ce qu’ils revendiquent du bilan commun et ce qu’ils souhaitent modifier.

Au-delà des rapports de force entre formations, la véritable question reste celle du jugement des citoyens. Pouvoir d’achat, emploi, santé, éducation, services publics et réduction des disparités territoriales pèseront dans l’appréciation de ces cinq années de gouvernement. Pour les trois alliés sortants, il faudra donc répondre à une équation délicate : défendre ce qui a été réalisé ensemble tout en expliquant pourquoi leur propre formation serait la mieux placée pour conduire la prochaine étape.

Le meeting du PAM à Dakhla donne déjà un aperçu du ton de cette compétition. La compétition électorale ne signifie pas nécessairement une rupture entre les trois formations. Elle révèle surtout la difficulté, pour des alliés gouvernementaux, de défendre un bilan commun tout en cherchant à se différencier dans les urnes.

Le véritable verdict ne portera donc pas seulement sur le nombre de sièges remportés. Il dira aussi quelle formation aura le mieux réussi à transformer son expérience du pouvoir en confiance électorale.


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