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Résilience face au climat : le système d’ingénierie financière du Maroc inspire la planète

Le Maroc s'impose en modèle d'accès direct aux financements lors du séminaire mondial du Fonds d'adaptation à Rabat. L'Agence pour le développement agricole capitalise sur le succès du PACCZO pour lancer un projet de 20 millions de dollars dans le Drâa. Face à des besoins d'adaptation évalués à 306 milliards de dollars d'ici 2035, le Royaume érige la sécurité hydrique en priorité nationale.


À Rabat, du 15 au 17 septembre 2026, l’Agence pour le développement agricole et le Fonds d’adaptation réunissent les représentants de 33 entités nationales mondiales pour évaluer les mécanismes d’accès direct aux financements climatiques, un domaine d’ingénierie financière où l’expérience marocaine est saluée comme un exemple international de réussite.

 

Un mécanisme d’accès direct né à Marrakech et salué à l’échelle internationale

Les travaux du séminaire annuel des Entités nationales de mise en œuvre ont été ouverts ce mardi 15 septembre 2026 à Rabat. Cet événement rassemble les représentants de 33 entités accréditées venues de divers continents, aux côtés des membres du Secrétariat du Fonds d’adaptation. Lors de la séance d’ouverture, le directeur du Fonds d’adaptation, Mikko Ollikainen, a qualifié l’ingénierie financière climatique développée par le Royaume d’exemple éloquent en matière d’efficacité de l’accès direct aux financements. L’expert a souligné que l’action menée par l’Agence pour le développement agricole illustre de manière concrète la réussite de ce mécanisme pour le reste du monde. Ce partenariat stratégique, instauré depuis plus d’une décennie entre l’institution internationale et l’agence marocaine, érige le leadership du pays en modèle international.

Ce mécanisme d’accès direct trouve ses racines historiques dans les décisions adoptées lors de la COP7, organisée à Marrakech en 2001. D’après le directeur du Climat et de la biodiversité au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Rachid Tahiri, ce dispositif permet aux institutions nationales de concevoir et de piloter de façon autonome leurs propres projets, en affranchissant les pays bénéficiaires des intermédiaires internationaux. L’appropriation nationale ainsi établie constitue une condition fondamentale d’efficacité et de durabilité pour transformer les priorités de développement en programmes d’investissement viables.

 

L’impact concret sur le terrain : du projet PACCZO au bassin du Drâa

L’efficacité de l’ingénierie marocaine s’est concrétisée à travers le Projet d’adaptation aux changements climatiques dans les zones oasiennes, clôturé en 2023. Ce programme, doté d’une enveloppe globale de 10 millions de dollars financée par le Fonds d’adaptation, a permis de moderniser le système traditionnel d’irrigation par khettaras. Selon les chiffres présentés par les responsables, cette intervention a directement renforcé la résilience de 1,7 million de personnes confrontées au stress hydrique dans les bassins de Maider et de Gheris.

Forte de cette première phase achevée, l’Agence pour le développement agricole prépare actuellement une deuxième initiative d’envergure dans le bassin du Drâa. Ce nouveau projet, soumis au Fonds d’adaptation pour un montant de 20 millions de dollars, doit s’étaler sur une durée de cinq ans dans les provinces de Ouarzazate, Zagora et Tinghir. Les interventions prévues visent à préserver la viabilité des écosystèmes oasiens, à optimiser la gestion des ressources en eau et à déployer une agriculture climato-intelligente. Ce programme entend également promouvoir la diversification des activités économiques au bénéfice prioritaire des femmes et des jeunes ruraux.

 

L’agriculture marocaine face au défi vital de la sécheresse

Le secteur agricole occupe un rôle prépondérant dans l’économie et la stabilité sociale du Maroc. D’après les précisions apportées par le directeur général de l’Agence pour le développement agricole, El Mahdi Arrifi, l’agriculture contribue en moyenne entre 12 et 14 % au Produit intérieur brut national. Ce secteur vital fait vivre, de manière directe ou indirecte, près de 40 % de la population active du Royaume.

Face à la récurrence d’épisodes de sécheresse sévère, l’adaptation climatique s’impose désormais comme un impératif national majeur pour préserver la sécurité alimentaire et la cohésion sociale. Le modèle de développement marocain a ainsi placé la résilience environnementale au centre de ses priorités stratégiques. L’accès direct aux financements garantit une gouvernance locale renforcée et une adéquation optimale entre les investissements et les besoins réels des populations rurales.

 

Un déficit mondial structurel et des besoins nationaux chiffrés à 306 milliards de dollars

En dépit des succès observés au niveau local, le financement de l’adaptation se heurte à des contraintes financières globales majeures. Le secrétaire général du Département du développement durable, Razi Bouzekri, s’est appuyé sur les derniers rapports du Programme des Nations unies pour l’environnement pour rappeler l’existence d’un déficit structurel béant. À l’échelle mondiale, les besoins réels en matière d’adaptation dépasseraient actuellement de 12 à 14 fois le volume des flux publics internationaux disponibles.

Pour pallier ce déséquilibre, le représentant ministériel a appelé à une consolidation urgente des ressources du Fonds d’adaptation. Il préconise notamment d’assurer une plus grande prévisibilité financière, d’établir des engagements pluriannuels et d’élargir la base des pays contributeurs afin d’offrir une visibilité suffisante aux projets de long terme.

À l’échelle du Maroc, les contraintes financières s’annoncent particulièrement élevées pour les années à venir. Selon le directeur du Climat et de la biodiversité, Rachid Tahiri, les besoins globaux du pays en matière d’adaptation sont évalués à 306 milliards de dollars à l’horizon 2035. Près des deux tiers de cette enveloppe globale devront être consacrés exclusivement au secteur de l’eau, érigeant la gestion hydrique en enjeu prioritaire de sécurité nationale.

 

Une plateforme internationale d’apprentissage et de partage de connaissances

Le séminaire organisé à Rabat, inscrit au calendrier international depuis 2014, constitue une plateforme privilégiée de dialogue inter-paires et de renforcement des capacités institutionnelles. Durant trois jours, du 15 au 17 septembre, les délégations abordent les processus d’accréditation des entités nationales, le suivi opérationnel des projets et la gestion adaptative des ressources. Les échanges portent également sur la prise en compte des politiques environnementales, sociales et de genre, ainsi que sur l’optimisation de l’accès aux différents guichets du Fonds d’adaptation.

À travers l’accueil de ce séminaire international, l’Agence pour le développement agricole confirme son rôle moteur au sein du réseau mondial des entités nationales. Cet événement offre au Royaume une vitrine pour partager son expertise et promouvoir la réplication de solutions d’adaptation éprouvées sur le terrain.


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